Bruxelles, 22/04/2002 (Agence Europe) - La percée de Jean-Marie Le Pen au premier tour des élections présidentielles en France a suscité de vives réactions au Parlement européen, y compris de la part du Président Pat Cox qui, tout en notant qu'un président du PE "n'a pas pour habitude de commenter des élections nationales", a estimé que ce résultat tellement "inattendu (...) justifie une exception". En exhortant à la prudence, M. Cox s'est dit confiant qu'au deuxième tour de l'élection présidentielle tous les démocrates en France vont "se battre contre l'intolérance et la xénophobie", et qu'à l'issue des élections législatives "la France conservera sa place dans l'avant-garde de la politique de la tolérance en Europe". "L'avenir de la France reste intimement lié à l'avenir de l'Europe", affirme M. Cox, pour qui un résultat où environ 30% des électeurs se sont abstenus et presque autant d'électeurs ont voté pour l'extrême droite ou l'extrême gauche "aura probablement des implications (...) aussi pour toute la classe politique européenne".
Quant à Graham Watson, Président du groupe libéral, il a lancé un appel à tous les partis démocratiques à "réaffirmer leur engagement à l'égard de la Charte des partis politiques pour une société contre le racisme adoptée en février 1998 et signée par une centaine de partis". Le co-président du groupe des Verts/ALE, Daniel Cohn-Bendit, constate pour sa part que l'on assiste en Europe, "de l'Italie au Danemark, de l'Autriche au Portugal, à une crise du projet de gauche, qu'il soit social-démocrate ou vert", et appelle à une "refondation politique et culturelle de la gauche sociale, écologiste, réformiste et libertaire".
L'élu européen de la CDU Hartmut Nassauer n'a pas explicitement évoqué le succès de Jean-Marie Le Pen, et s'est surtout félicité du "déclin des socialistes en Europe", qui devrait, dit-il, "affaiblir l'influence des socialistes dans les instances européennes, en particulier au Conseil". En outre, il a souhaité une claire victoire de Jacques Chirac, qui "appartient à la famille de notre parti et a fait ses preuves comme Européen".
Parmi les rares voix discordantes, celle de l'élu européen du FPÖ Gerhard Hager, qui s'exclame, dans un communiqué: "Maintenant, nous le savons définitivement: la démocratie, c'est seulement lorsque le résultat est ce que souhaite la gauche, tout le reste est une catastrophe".