Bruxelles, 22/04/2002 (Agence Europe) - Ainsi qu'EUROPE l'a indiqué (voir bulletin du 20 avril, p. 11), l'Union européenne et l'Australie ont eu, jeudi dernier à Bruxelles, des discussions intensives en vue d'élargir le champ de leur coopération bilatérale. La rencontre ministérielle, à laquelle ont pris part le Commissaire européen Chris Patten et le ministre australien des Affaires étrangères Alexander Dawner, s'est aussi focalisée sur l'immigration clandestine, une problématique à laquelle les partenaires sont tous deux confrontés mais qu'ils n'abordent pas de la même manière, ainsi que sur les négociations multilatérales autour de l'Agenda de Doha qu'ils veulent mener à bien dans les délais impartis, malgré quelques « divergences modestes sur une ou deux questions », comme la politique agricole commune, et le conflit sidérurgique avec les Etats-Unis.
Après avoir entériné les progrès réalisés au cours de l'année dernière, notamment la mise en place d'un Centre européen à l'Université nationale australienne et d'un Forum de coopération bilatérale sur la recherche scientifique et technologique, ainsi que la signature d'un arrangement sur la protection des consommateurs et le lancement de pourparlers sur les technologies de l'information, les responsables européens et australiens ont confirmé leur volonté de développer la coopération en tirant parti du « potentiel considérable » encore inexploité, notamment dans le domaine de la coopération au développement (la visite du Commissaire Poul Nielson cet automne en Australie pourrait être déterminante) et de l'aviation civile où une concertation au sein d'instances multilatérales telles que l'OMC et l'OACI est envisagée. A cette occasion, le coup d'envoi a été donné à un projet pilote visant à promouvoir les échanges universitaires et favoriser la reconnaissance mutuelle des bourses d'études. Quant à la déclaration politique conjointe de 1997, il n'est pas question pour l'instant de la remplacer, ni de conclure un accord d'association (l'Australie refusant toujours l'inclusion d'un chapitre sur les droits de l'Homme), mais simplement de la mettre à jour et d'élargir éventuellement le champ de la coopération, de sorte que ce texte « reflète la force croissante de la relation » entre l'Australie et l'Unon, qui est son principal partenaire commercial, a précisé M.Dawner. Les ministres prévoient d'entériner lors de leur prochaine rencontre des recommandations sur des initiatives « concrètes » en ce sens.
Sur le front commercial, les négociations multilatérales à Genève ont fait l'objet d'une discussion longue et « fructueuse » à propos de l'Agenda de Doha, les responsables européens et australiens ayant confirmé qu'en dépit de la controverse autour de la politique agricole commune, ils sont conscients de l'urgence de « faire des progrès et de la nécessité d'aboutir à un succès ». « L'Union et l'Austalie sont d'accord sur un certain nombre de questions de substance, mais il est maintenant nécessaire de traduire ceci en progrès réels sur un cycle large de négociations, réalisant un équilibre entre un accès amélioré au marché et de meilleures règles du jeu, et pour déboucher sur un résultat ambitieux dans les trois ans », ont souligné les ministres. Par ailleurs, le projet d'accord bilatéral sur le vin n'est toujours pas finalisé, mais ceci devra être fait « dès que possible », se sont-ils promis une fois de plus. Pour ce qui est du projet de stratégie européenne sur la libéralisation des services, que M.Patten a qualifié de « document de bas niveau qui ne reflète pas la position européenne », tout en invitant Canberra à faire preuve d'autant de transparence à ce stade encore précoce de la mise au point de sa propre stratégie de négociation. M. Dawner a indiqué que l'Australie n'a nullement l'intention de privatiser totalement la Poste ou d'abolir le mécanisme d'examen des investissements étrangers, en rappelant toutefois que « les négociations viennent tout juste de commencer » au sein de l'Organisation mondiale du commerce. Quant à l'acier, l'Australie, qui vend quelque 30 % de ses produits sidérgiques aux Etats-Unis (dont 85% sont exemptés des nouvelles surtaxes) contre 15% en Europe, s'inquiète elle aussi de l'effet de déviation que les restrictions américaines peuvent avoir sur les flux sidérurgiques à travers le monde, tout comme de l'impact que pourrait avoir sur ses producteurs le dispositif défensif que l'Union a mis en place pour tenter de juguler une flambée de ses importations. M.Dawner a observé que « ces mesures de sauvegarde provisoires sont moins restrictives que l'action américaine mais il a exhorté la Commission à lui fournir autant d'informations que possible sur l'administration des quotas européens ». Enfin, parmi de nombreux autres sujets « chauds » de l'actualité internationale comme la situation en Afghanistan et au Moyen-Orient, les ministres ont brièvement fait le point sur le Protocole de Kyoto, l'Australie signalant à cette occasion son intérêt à conclure rapidement « un accord sur un processus qui aboutirait à des réductions concrètes des émissions par les pays en développement ».