Bruxelles, 22/04/2002 (Agence Europe) - L'audition sur l'interdiction de la publicité pour le tabac, organisée la semaine dernière par la commission juridique du Parlement européen, a montré que les clivages désormais traditionnels sur cette question sont toujours là. D'un côté, le monde médical qui insiste pour un renforcement de la lutte contre le tabagisme et, de l'autre, l'industrie qui évoque des pertes d'emplois. Alexander Macara (Comité permanent des médecins européens) a dit que le tabac est responsable de plus d'un demi million de décès par an en Europe et qu'il est donc du devoir de la Communauté de le combattre. Luk Jossens (Ligues européennes contre le Cancer) a plaidé pour une interdiction totale couvrant la publicité indirecte. Michiel Reerink (Imperial Tobacco) a souhaité qu'une publicité responsable ciblant uniquement les adultes soit autorisée et Guy Dutreix (Groupe des Industries européennes du Tabac) s'est notamment opposé à l'interdiction de la publicité dans la société de l'information. Le président de la Fédération internationale du sport automobile, Max Mosley a apporté son soutien à l'interdiction, mais il souhaite que la période transitoire précédant l'interdiction de ce secteur soit reportée à la fin juillet 2006 (au lieu de 2005) pour l'aligner avec la décision de la fédération d'interdire le parrainage par des marques de tabac. Exprimant le point de vue du secteur de la publicité, Rolf Wickmann (Grunes + Jahr AG & Co) a estimé que la survie de la presse était en jeu. Certains députés, comme le social-démocrate allemand Willi Rothley et le conservateur britannique Lord Inglewood, ont mis en doute la compétence de l'UE et la base juridique choisie. Le rapporteur, Manuel Medina Ortega (socialiste espagnol), a estimé que la décision devra être politique plutôt que juridique.