Bruxelles, 18/09/2001 (Agence Europe) - A un an, jour pour jour, de la date prévue pour le lancement des négociations commerciales entre les pays ACP (Afrique/Caraïbes/Pacifique) et l'Union européenne, Jean Robert Goulangana, Secrétaire général du groupe ACP, a dressé, devant la presse à Bruxelles, un bilan positif des préparatifs ACP dans la perpective de cette échéance et dans le contexte plus global des échanges multilatéraux.
Selon lui, «des progrès significatifs » ont été réalisés dans les discussions relatives à la définition des entités géographiques ACP qui serviront de socle à la négociation d'accords de partenariat économique régionaux (APER) entre des zones d'intégration régionale ACP et l'Union européenne. Des séminaires régionaux organisés en juillet, août et septembre dans les quatre sous-régions africaines du groupe ACP (celles pour lesquelles l'identification de la configuration géographique la plus adéquate pose le plus de problèmes, en raison notamment de l'appartenance de mêmes pays à des zones d'intégration régionales différentes) ont permis «d'identifier des pistes et d'amorcer la réflexion » sur la base du document de la Commission qui énonce sa propre approche des futurs accords. La nécessité de rationaliser les zones d'intégration régionale et de convaincre les pays d'opérer leur regroupement dans un souci de cohérence géographique et d'efficacité maximale est largement reconnue par les ACP, a affirmé M. Goulangana. Mais, a-t-il ajouté, toute décision définitive est subordonnée aux conclusions des études d'impact qui seront réalisées pour mesurer les répercussions potentielles des différentes options sur les pays ACP. De même, la définition plus précise des futurs accords exigera aussi qu'on connaisse les évolutions sur la scène internationale, tributaires du lancement ou non d'un nouveau cycle de négociations commerciales à l'OMC.
Evoquant la stratégie de négociation ACP, Jean-Robert Goulangana a fait état d'un consensus émergent sur la nécessité d'une coordination globale «pour éviter tout risque d'affaiblissement du groupe ACP ». Les négociations avec l'Union se feraient donc au niveau du groupe pour toutes les questions transversales (questions agricoles, d'accès au marché, règles d'origine, etc.). Les questions plus spécifiques feraient, elles, l'objet de négociations séparées par région. Un groupe pluridisciplinaire d'experts de haut niveau sera mis en place prochainement (six experts pour le groupe principal de négociation et six suppléants représentant les différentes régions ACP, à raison de deux par région), a annoncé le Secrétaire général. La stratégie de négociation sera examinée plus avant lors de la troisième réunion du Comité ministériel commercial ACP, prévue le 1er octobre prochain à Nairobi. Les recommandations formulées seront soumises au Conseil des ministres ACP, début décembre. Un sommet des chefs d'Etat ACP est envisagé en juin ou juillet prochain pour avaliser au plus haut niveau le mandat de négociation.
Evoquant l'OMC, Jean-Robert Goulangana s'est réjoui que la Commission ait enfin signé la Convention de financement pour un véritable bureau de représentation des ACP à Genève (1,8 million d'euros, dont 1,450 Meuros financés par la Communauté et 350 000 euros par les ACP). « Son ouverture est imminente. Le recrutement du chef du bureau est en cours. Ces ressources financières nous permettent d'être opérationnels », a affirmé M. Goulangana.
La réunion des ministres du Commerce ACP visant à préparer la conférence ministérielle de l'OMC (Doha, Qatar, en novembre) sera différée, car «les préparatifs à l'OMC ne sont pas assez avancés », a expliqué le Secrétaire général, précisant que la date ne serait fixée qu'une fois connus le projet d'ordre du jour et de déclaration. Interrogé sur l'opportunité de tenir cette conférence à Doha, dans le contexte des attentats aux Etats-Unis, M. Goulangana a estimé que c'était aux autorités du Qatar, en coopération avec les membres de l'OMC, «d'évaluer les risques pour la sécurité et les capacités d'y faire face ». Quant à la conjoncture économique, «il est trop tôt pour se prononcer. Nous verrons en octobre si nous aurons le cœur à négocier », a-t-il ajouté. Concernant l'agenda européen pour Doha, M. Goulangana a salué le fait que l'Union mette l'accent sur un cycle de négociations axé sur le développement et soit disposée à examiner les préoccupations des pays en développement. « Mais les pays en développement n'ont pas tous la même position. Les uns jugent un nouveau cycle prématuré, certains estiment qu'un nouveau cycle ne doit pas nécessairement être lancé mais qu'il faut, à Doha, se mettre d'accord sur un calendrier, d'autres encore veulent obtenir, avant tout nouveau cycle, un engagement ferme des pays développés pour que ne se répète pas la situation post-Marrakech. Mais pour nous mettre d'accord, il faut connaître l'état des préparatifs de l'OMC. Il faut pouvoir discuter sur des éléments concrets », a déclaré M. Goulangana.
EUROPE rappelle que le groupe ACP a vigoureusement condamné les attentats aux Etats-Unis, condamnation que le Secrétaire général a réitéré au début de sa conférence de presse.