Strasbourg, 06/09/2001 (Agence Europe) - Le vice-président du Parlement européen Guido Podestà (Forza Italia) et le Secrétaire général du PE, Julian Priestley, ont présenté jeudi, lors d'une conférence de presse en marge de la session plénière à Strasbourg, le plan triennal approuvé lundi par le Bureau du PE en vue de préparer le Parlement à l'élargissement (voir EUROPE d'hier, p.7). Le Parlement doit entreprendre rapidement les différents aménagements immobiliers, techniques et linguistiques qui permettront d'accueillir les nouveaux députés, a expliqué M. Podestà en rappelant que si la Bulgarie et la Roumanie ont fixé à plus tard leur date cible pour l'adhésion, « dix pays se livrent à une véritable course pour être à l'heure au rendez-vous de 2004 ». Il a souligné que la partie la plus lourde des efforts que le Parlement doit faire concerne l'interprétation et la traduction, puisque l'arrivée des nouveaux députés fera passer le nombre de langues de 11 à 21 (sur la base de dix adhésions en 2004). Le Bureau a, en effet, confirmé à l'unanimité le principe selon lequel chaque député doit pouvoir « parler, écouter, lire et écrire dans sa langue ». Tout en reconnaissant que cette règle a un coût budgétaire élevé, M. Podestà a souligné qu'il serait inconcevable d'imposer aux électeurs de ne voter que pour des candidats parlant plusieurs langues étrangères. Il a cependant rappelé que des solutions techniques doivent permettre de réduire les coûts. Il s'agit notamment de l'utilisation de « langues pivot » qui permettent de réduire le nombre de mouvements de traduction. L'utilisation de ces langues est aussi rendue nécessaire par le « marché des interprètes » dans les pays candidats. M. Podestà a indiqué que le nombre de langues pivot pourrait être de l'ordre de six: 4 à 5 langues des Etats membres actuels et une langue slave.
Le rapport Podestà souligne que "pour le Parlement, l'élargissement ne peut se faire aux dépens du principe du traitement égal de tous ses membres".
Voici les principaux aménagements qu'il retient en ce qui concerne:
le personnel: le rapport Podestà évalue à 1240 le nombre de fonctionnaires qui devront être recrutés pour 2004, dont 830 pour les seuls besoins linguistiques. Moyennant des retraites anticipées et des départs naturels, il estime que l'augmentation réelle de l'effectif des fonctionnaires du PE ne devrait pas excéder 740.
le multilinguisme: outre des dépenses techniques, il impose un important recrutement de personnel. Le coût de l'élargissement est estimé à 81,65 millions d'euros au total soit un doublement par rapport au budget prévu pour 2002.
la politique immobilière: le nombre de députés sera de 732 dès juillet 2004 et cela suppose différents travaux dans les trois lieux de travail. Outre l'adaptation des salles au nombre accru de langues, deux grandes salles (400 à 450 places) et deux salles moyennes (200 à 250 places) sont nécessaires. S'y ajoutent 640 bureaux à Luxembourg, 560 à Bruxelles, 379 à Strasbourg et 48 dans les bureaux extérieurs. Le rapport final confirme la nécessité d'extension des bâtiments à Bruxelles et Luxembourg ainsi que la réoccupation de l'IPE III à Strasbourg (voir aussi EUROPE du 25 janvier).
la politique de l'information: des antennes d'information (avec deux fonctionnaires et un budget opérationnel de l'ordre de 120 000 euros) seront ouvertes dans les pays candidats pour coïncider avec la fin des négociations, c'est-à-dire, pour les premières, avant la fin 2002. Elles seront logées, dans la mesure du possible, avec la délégation de la Commission ou, si cela s'avère impossible, dans les locaux du parlement national.
Selon le rapport Podestà, les dépenses inévitables à mettre à la charge des budgets 2002 (18,9 millions d'euros) et 2003 (34,6 millions) demeurent modestes. En revanche en 2004, le surcoût budgétaire devrait atteindre 155,3 millions d'euros qui se répartissent entre: - location et aménagement immobilier (24,8 millions) ; - sécurité (2,2) ; - informatique et télécommunications (10,1) ; - installations techniques (2,2) ; - information (6,3) ; - publications (2,1) ; - observateurs des pays candidats (1er semestre: 3,2) ; - activités des nouveaux députés (19) ; - personnel supplémentaire pour les besoins linguistiques (80,3) ; - activités des groupes politiques (4,2) ; - autres (0,9).