Bruxelles, 03/07/2001 (Agence Europe) - Après la Bulgarie (le 28 mai) et l'Estonie tout récemment, il est probable que cinq autres pays d'Europe centrale et orientale (Lituanie, Lettonie, Pologne, puis Slovénie et République tchèque) pourront bénéficier cette année de l'ordre de paiement de la Commission européenne nécessaire à l'attribution des premières aides agricoles de pré-adhésion dans la cadre du programme Sapard (programme spécial d'adhésion pour l'agriculture et le développement rural). C'est ce qu'a révélé mardi un fonctionnaire européen, à l'occasion de l'adoption, par la Commission, d'un premier rapport annuel sur les efforts accomplis en 2000 par les Pecos en ce qui concerne la mise en place des systèmes garantissant une bonne gestion des instruments Sapard.
Selon ce fonctionnaire, qui s'est bien gardé de stigmatiser les retards des pays candidats, la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie seraient « plus lents » dans leurs efforts visant à remplir les critères requis. Cette lenteur est attribuée au fait qu'ils ne possèdent pas de politique sur les aides d'Etat permettant l'octroi de subventions dans le secteur privé. Comme aucun des Pecos n'était prêt à recevoir en 2000 les premières aides pourtant inscrites dans le budget 2000, les crédits pour paiement pourront être versés jusqu'à la fin de 2002 (cette règle prévaut pour les fonds structurels en cas de retard dans la programmation), voire même jusque fin 2003 s'il y a des raisons justifiant ce retard.
Dans le rapport adopté mardi, la Commission estime que « les pays candidats ont accompli de grands progrès en 2000 », ce qui s'est traduit par l'approbation de leurs programmes à l'automne de la même année. Le rapport insiste sur le « défi considérable que représente la mise sur pied des institutions appropriées », notamment de l'organisme Sapard, « qui ont souvent été créées à partir de rien ». En dépit des progrès accomplis, « ces efforts ne seront pas suffisants dans certains cas pour permettre d'allouer les fonds Sapard avant la fin de 2001 ». Le rapport revient sur le nombre important d'étapes à franchir compte tenu du caractère « peu orthodoxe » du processus: définition du cadre juridique, approbation des programmes, conclusion des conventions bilatérales de financement, création et accréditation des organismes Sapard. Il constate la prédominance de trois types de mesures dans pratiquement tous les programmes: - améliorations structurelles dans les secteurs de la transformation et de la commercialisation (954 millions d'euros, soit 26% de la contribution communautaire totale) ; - investissements dans les exploitations rurales (797 millions d'euros, soit 22% du total des fonds prévus) ; - développement des infrastructures rurales (759 millions d'euros, soit 21 % du montant total des aides prévues). Sapard diffère des autres programmes de pré-adhésion tels que Phare ou Ispa, dans la mesure où la Commission n'intervient pas dans les principaux aspects du processus de mise en œuvre. Il s'agit plutôt d'un processus de « gestion décentralisée », les pays candidats assumant la pleine responsabilité des projets comme le souligne le rapport adopté mardi.