Strasbourg, 03/07/2001 (Agence Europe) - A la veille de la présentation par le Premier ministre Guy Verhofstadt du programme de la Présidence belge devant le Parlement européen, la plupart des groupes politiques ont déjà exprimé la confiance que leur inspire la nouvelle Présidence de l'UE. Lors de sa traditionnelle conférence de presse, mardi à Strasbourg, le président du groupe PPE/DE, Hans-Gert Pöttering (CDU), a souligné que la Belgique a toujours assumé la présidence de l'Union en apportant son soutien à la méthode communautaire et en veillant au respect de l'intérêt général. «Nous avons une grande confiance et un grand espoir», a-t-il dit avant de réaffirmer que son groupe attend du Sommet de Laeken qu'il adopte une méthode ouverte avec une convention pour la prochaine réforme institutionnelle. «Le gouvernement a placé la barre très haut», a constaté la démocrate-chrétienne belge Marianne Thyssen (CVP) en indiquant que sa délégation participera de manière constructive aux travaux, «même si nous sommes dans l'opposition». «L'Europe est bien trop précieuse pour se livrer à des luttes intestines», a-t-elle ajouté, en affirmant qu'il faut éviter de «changer le Parlement européen en terrain de foot belge». Le président espagnol du groupe socialiste, Enrique Baron, a dit aux journalistes que «la Présidence belge arrive à un moment décisif de la vie de l'Union» et, constatant que le mémorandum du Benelux parle d'une enceinte et non d'une convention, il a dit que le mot n'est pas très important mais que ce qui compte, c'est qu'il y ait «un débat ouvert, vaste et complet». Et de souligner que la Présidence belge sera jugée à l'aune des résultats en ce qui concerne l'organisation de la prochaine réforme institutionnelle, la politique étrangère et de sécurité-défense ainsi que le financement de cohésion économique et sociale. Tout en saluant le caractère ambitieux du programme belge, le président français du groupe de la gauche unitaire, Francis Wurtz, s'est exclamé: «Trop de priorités tuent les priorités» et il a estimé que la Présidence belge, comme la Présidence suédoise, n'a pas vraiment pris la mesure du «désenchantement de l'opinion publique». M. Wurtz s'est félicité de l'intention du ministre des Finances, Didier Reynders, de poser la question de la taxe Tobin lors du Conseil Ecofin informel de septembre mais il a regretté que cette intention soit assortie d'un commentaire indiquant que la Présidence estime que cette taxe ne serait viable que si elle était appliquée dans les trois grandes zones monétaires. La présidente finlandaise du groupe Verts/Alliance libre européenne, Heidi Hautala, a salué l'importance accordée par la Présidence belge aux aspects économiques et sociaux et a souligné que le dossier de la ratification du Protocole de Kyoto sera de la responsabilité du ministre écolo Olivier Deleuze. Le Vert belge Pierre Jonckheer a dit qu'il est «bon que la Présidence belge soit ambitieuse» mais qu'il ne faut pas perdre de vue qu'elle devra «composer avec quatorze partenaires». M. Jonckheer s'est aussi félicité de la décision, sur une initiative conjointe des ministres des Transports Isabelle Durant (Ecolo) et de l'Environnement Magda Aelvoet (Agalev), d'organiser une réunion informelle des ministres des Transports et de l'Environnement, en espérant que cela permettra de «changer la politique des transports».