Bruxelles, 31/05/2001 (Agence Europe) - Le président du Conseil Environnement de l'UE, Kjell Larsson, a brièvement informé le Parlement européen mercredi soir, au nom de la Présidence suédoise, de la récente mission de la Troïka de l'UE conduite par le président du Conseil européen Göran Persson dans les deux Corées. M. Larsson a insisté en particulier sur le fait que la délégation européenne a pu insister sur ses inquiétudes en matière de droits de l'homme, et sur la réaction très positive de la Corée du Sud à l'initiative de l'UE, « notamment en ce qui concerne la perspective d'un autre Sommet ». Les Etats-Unis ont un très important rôle à jouer en Corée, mais l'Union européenne peut exercer elle aussi un rôle « non négligeable », a-t-il souligné.
Quant à la Commissaire à l'environnement Margot Wallström, en parlant au nom de son collègue Chris Patten qui faisait partie de la Troïka, elle a dit que la Commission attend avec grand intérêt le réexamen de la politique de Washington à l'égard de la Corée, et elle a indiqué cinq domaines concrets dans lesquels seront prises des initiatives à l'égard de la Corée du Nord: - poursuite de l'aide existante, à savoir 7 millions d'euros en aide humanitaire et 20 millions en aide alimentaire sur le budget de 2001 (les conditions d'octroi de l'aide seront discutées dans les prochaines semaines, a signalé la Commissaire); - préparation du lancement d'une assistance technique à Pyongyang: une mission d'évaluation se rendra bientôt sur place pour examiner deux projets pilotes d'une valeur d'un million d'euros chacun, consacrés à la formation de fonctionnaires et à la mise en place d'institutions de base; - dialogue sur les droits de l'homme: une session aura lieu le 13 juin à Bruxelles ; - dialogue sur la réforme économique ; - examen de la possibilité d'accréditer des diplomates, après la décision, prise le 14 mai, de normaliser les relations avec Pyongyang. Ce dernier point exige des négociations, et je ne veux donc pas spéculer à ce sujet, a dit la Commissaire.
Au cours du très bref débat, le démocrate-chrétien luxembourgeois Jacques Santer a rappelé que le Parlement avait déjà demandé une telle normalisation, tout en précisant que ceci ne signifie pas qu'il reconnaît un régime politique « très éloigné de nos valeurs fondamentales ». Le travailliste britannique Glyn Ford a demandé à la Commission européenne d'établir un bureau à Pyongyang au lieu de gérer les relations avec la Corée du Nord à partir de son bureau de Pékin, et, au sujet des exportations de technologie de missiles par la Corée du Nord, il s'est exclamé: ils n'ont rien d'autre que d'autres pays veuillent importer ! M. Ford a espéré que l'UE pourra avancer, dans les relations avec la péninsule coréenne, « ensemble avec les Etats-Unis, mais a estimé que, si cela n'est pas possible, elle devrait le faire « séparément », car la voie est la bonne. En revanche, l'élu de Forza Italia Jas Gavronski a trouvé la mission de l'UE « un peu prématurée »: selon lui, l'Union aurait dû d'abord obtenir quelques concessions de la part de Pyongyang, avant de lui accorder le « prix » de cette visite. M.Gavronski s'inquiète aussi des réactions aux Etats-Unis, en citant les récents propos de Kissinger, qui s'est dit « très étonné » que l'Union se soit précipitée pour « remplir un vide temporaire » laissé par Washington.
La plénière a, en adoptant une résolution commune des groupes PPE-DE, socialiste, libéral, Verts/ALE, Gauche unitaire/Gauche verte nordique et de l'Union pour une Europe des nations, salué l'intention de la Commission européenne d'établir des relations diplomatiques avec Pyongyang, tout en soulignant que le régime nord-coréen doit être jugé sur ses actes, en particulier en ce qui concerne la non prolifération nucléaire, le respect des droits de l'homme, l'accès des ONG et agences fournissant une aide humanitaire à la Corée du nord. L'aide de l'Union européenne à ce pays devra être développée en fonction de la manière dont il réagira à ces différentes préoccupations internationales, affirme le Parlement, qui souhaite aussi que l'Union soutienne le développement de l'énergie non nucléaire dans la péninsule coréenne.
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