Bruxelles, 09/04/2001 (Agence Europe) - En visite à Bruxelles, des membres de la délégation du Commandant Massoud, leader de la résistance armée au régime des talibans, ont été reçus, vendredi, par Mme Costanza Adinolfi, directrice de l'Office d'aide humanitaire de la Communauté (Echo). Au cours de l'entretien, qui a porté sur la situation humanitaire en Afghanistan et sur le programme humanitaire d'Echo dans ce pays, Mme Adinolfi a rappelé les principes fondamentaux du droit humanitaire qui président à l'octroi de l'assistance humanitaire et s'imposent à toutes les parties en conflit, à savoir la nécessité de garantir le libre accès du personnel humanitaire aux populations dans le besoin, et la sécurité et l'indépendance des acteurs humanitaires dans leur mission. La directrice d'Echo a par ailleurs souligné que les décisions de financement de la Commission sont fondées sur la seule considération objective des besoins humanitaires des populations, où qu'elles se trouvent, en toute impartialité et sans discrimination aucune.
Depuis 1993, Echo a fourni 115 millions d'euros d'aide humanitaire à l'Afghanistan. Cette aide a été considérablement augmentée depuis l'an dernier en raison de la grave sécheresse qui sévit dans le pays, ajoutant aux souffrances de la population déjà lourdement pénalisée par la guerre. Un plan d'action d'un montant de 13 millions d'euros est en voie d'être adopté par la Commission qui financera notamment des projets de sécurité alimentaire et d'assistance en produits de première nécessité aux populations déplacées.
Javier Solana estime que les moyens militaires ne sauraient régler la crise afghane
A l'issue de son entretien, le même jour, avec le commandant Massoud (voir EUROPE du 7 avril, p. 4), le Haut Représentant de l'Union pour la Pesc, Javier Solana, a affirmé que «les moyens militaires ne sauraient régler la crise en Afghanistan ». « Des civils innocents ont déjà assez souffert », a-t-il dit en notant qu'à «une guerre dévastatrice s'est ajoutée une terrible sécheresse ». Et d'ajouter: «les parties au conflit (NDLR: le commandant Massoud, partisan d'un Islam modéré, et les talibans à Kaboul) détiennent la clé de l'avenir de l'Afghanistan en tant que pays, et je pense que c'est de leur responsabilité partagée que d'entamer un véritable dialogue conduisant à un processus de paix sous l'égide des Nations Unies" (voir aussi EUROPE du 6 avril, p.3, au sujet de la visite du Commandant Massoud au Parlement européen).