Bruxelles, 30/11/2000 (Agence Europe) - Si à Nice on n'aboutit pas à un traité apportant des améliorations substantielles, notamment sur la majorité qualifiée, il sera "presque impossible" pour le Parlement européen de dire "oui" à un tel résultat, a affirmé jeudi le président du groupe du PPE Hans-Gert Pöttering devant la presse (un "non" du Parlement au Traité ne signifierait pas un "non" à l'élargissement, a-t-il tenu à souligner). Un vote négatif du Parlement ne signifie pas qu'"il n'y aura pas de traité", a précisé M. Pöttering, qui a décrit un scénario analogue à celui du Traité de Maastricht, lorsque l'Italie et la Belgique avaient indiqué qu'elles ne ratifieraient pas le traité si le Parlement européen ne le considérait pas satisfaisant.
M. Pöttering a plaidé en particulier pour: - un "exemple" de la part la France en ce qui concerne la prise de décisions à la majorité qualifiée dans la politique commerciale. Si la France fait un pas, ce sera plus difficile pour les autres Etats membres de continuer à insister sur l'unanimité pour d'autres questions, a estimé M. Pöttering; - la double majorité au Conseil: selon lui, cette formule permettrait à la France d'être à égalité avec les autres "grands" pays (par son vote en tant qu'Etat membre), alors que le deuxième élément de cette majorité refléterait démocratiquement le poids démographique des différents pays. M. Pöttering a dit ne pas comprendre la "logique" de la Présidence française qui voudrait à la fois une repondération des voix en faveur des "grands" et une Commission de laquelle certains pays seraient temporairement exclus; - le maintien d'un Commissaire par Etat membre, alors qu'on pourra envisager une restructuration ou une hiérarchisation de la Commission lorsque l'UE aura "27 ou 30 membres". Quant aux coopérations renforcées, M. Pöttering se réjouit que la France ne parle plus de mettre en place des "secrétariats"; au sein du PPE, même les conservateurs britanniques s'y opposeraient, car ils craignent que, si le Royaume-Uni ne fait pas partie d'une coopération renforcée, de telles structures parallèles le tiennent tout à fait à l'écart.