Strasbourg, 30/10/2000 (Agence Europe) - Comme nous l'avions indiqué, les candidatures de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie à l'adhésion au Conseil de l'Europe ont divisé les Etats membres de l'Organisation paneuropéenne quant à la date souhaitable à laquelle ces deux pays pourraient les rejoindre. Contrairement à ce que nous indiquions plusieurs pays - la Russie, la Géorgie, la Moldavie et la Bulgarie mais aussi certains pays de l'Union européenne, notamment l'Italie, qui assure actuellement la présidence du Comité des ministres - étaient favorables à une adhésion rapide, éventuellement le 9 novembre, comme cela était initialement envisagé. D'autres, comme les Pays-Bas et, derrière eux, une large majorité des pays de l'Union européenne, souhaitaient en revanche retarder ces adhésions, qui devraient, dans l'esprit de tous, avoir lieu simultanément de manière à éviter la résurgence de tensions dans la région. Au début du mois, le Comité des ministres, réuni au niveau des ambassadeurs, avait décidé d'envoyer une lettre à chacun des deux candidats pour leur rappeler les principales conditions formulées, en juin dernier, par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe dans ses avis favorables à l'adhésion. Il y était notamment question du règlement pacifique du conflit du Haut-Karabakh, du respect de l'autonomie locale et de l'indépendance judiciaire. La lettre adressée à l'Azerbaïdjan insistait aussi sur la préparation et le bon déroulement des élections législatives du 5 novembre prochain, avec l'entière participation des principaux partis d'opposition, et demandait la libération des prisonniers politiques. Les autorités d'Azerbaïdjan ont par la suite informé le Conseil de l'Europe que huit partis supplémentaires, dont les deux principaux partis d'opposition, ont été autorisés à participer au scrutin et que 64 détenus politiques ont été amnistiés, ce qui porte à 243 le nombre de libérations depuis le début de l'année.
La Présidence italienne du Comité des ministres a convoqué une réunion extraordinaire du Comité, au niveau des ambassadeurs, le 7 novembre, soit deux jours après les élections en Azerbaïdjan. EUROPE croit savoir qu'elle espère toujours parvenir, dans la mesure où ce scrutin serait jugé équitable par les observateurs de l'Assemblée parlementaire et de l'OSCE, à un consensus qui permettrait d'inviter les deux pays à adhérer. Dans le cas contraire, le Comité des ministres qui se réunit le 9 novembre pourrait être amené à prendre la décision à la majorité des deux tiers. Si une décision favorable était prise le 7 novembre, la cérémonie d'adhésion pourrait encore avoir lieu le 9 novembre.