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Bulletin Quotidien Europe N° 7832
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/russie

Le sommet de Paris a donne le coup d'envoi au développement d'un "partenariat énergétique" destiné à diversifier l'approvisionnement de l'Europe - Autres résultats

Bruxelles, 30/10/2000 (Agence Europe) - L'UE et la Russie ont décidé lundi de jeter les bases pour un renforcement de leur coopération énergétique. "L'Union européenne et la Russie décident d'instituer, sur une base régulière, un dialogue énergétique qui permettra d'avancer dans la définition d'un partenariat énergétique UE/Russie et de ses modalités", indique la déclaration conjointe approuvée lundi à Paris, à l'occasion du Sommet UE/Russie, par le président français Jacques Chirac, son homologue russe Vladimir Poutine, le président de la Commission européenne Romano Prodi ainsi que le Haut Représentant pour la Pesc Javier Solana (une déclaration conjointe séparée sur la politique de sécurité et de défense commune a également été approuvée, voir page 5 de ce bulletin). Ce nouveau dialogue énergétique devra permettre "d'évoquer toutes les questions d'intérêt commun relevant de ce secteur, y compris l'instauration d'une coopération en matière d'économies d'énergie et de rationalisation des infrastructures de production et de transport, les possibilités d'investissements européens, ainsi que les relations entre pays producteurs et consommateurs".

La ratification du Traité de la Charte de l'énergie par la Russie et l'amélioration du climat d'investissement sont des éléments importants dans ce contexte. La Russie est "prête à contribuer à une indépendance énergétique à long terme de l'Europe", a dit M. Prodi au cours de la conférence de presse commune. Le "renforcement" du partenariat énergétique UE/Russie devrait évidemment être ciblé sur les domaines traditionnels du gaz et du pétrole, mais aussi inclure l'électricité, a-t-il été souligné. Le président Chirac a insisté sur l'importance de ce partenariat énergétique pour permettre à l'UE "de diversifier ses sources d'approvisionnement jusqu'en 2020", et pour la Russie de moderniser et renforcer ses capacités de production. Le président Poutine, pour sa part, s'est félicité des investissements européens que ce pont énergétique allait attirer et des effets que la modernisation dans ce secteur allait avoir sur les autres domaines de l'économie russe. A propos du tracé du futur gazoduc, que la Russie voudrait faire passer à travers la Biélorussie et la Pologne en évitant l'Ukraine (accusée par Moscou de détourner du gaz), le président Poutine a précisé à la presse qu'il avait récemment rencontré le président ukrainien Koutchma et que la question du transport du gaz devrait être réglée. De toute façon, a ajouté le président russe, "il faudra construire deux gazoducs de plus" pour fournir les quantités de gaz envisagées. M.Poutine a aussi remarqué que la Pologne (qui a refusé le tracé évitant l'Ukraine) recevrait près d'un milliard de dollars par an de royalties grâce à ce nouveau gazoduc.

Dans le domaine du commerce bilatéral, les deux parties ont souligné que le rapprochement des législations et un cadre légal transparent et stable contribueront à faciliter les échanges. Dans ce contexte, l'UE s'est félicitée du fait que le gouvernement russe ait élaboré un programme économique visant à promouvoir les investissements. Les possibilités d'investissements européens en Russie devront cependant encore être améliorées; c'est pourquoi l'UE a annoncé son intention de poursuivre et même d'intensifier l'assistance technique en ce domaine, notamment à travers l'Accord de Partenariat et de Coopération (APC). L'adhésion rapide de la Russie à l'OMC a aussi été qualifiée de "prioritaire".

L'élargissement de l'UE a été très brièvement mentionné. La déclaration finale souligne l'importance de veiller à ce que l'élargissement aboutisse à une augmentation des échanges entre l'UE élargie et la Russie. Le dialogue bilatéral sur l'élargissement sera poursuivi, dans les instances appropriées de l'Accord de Partenariat, en attachant une importance particulière à la question de Kaliningrad.

L'UE et la Russie ont aussi exprimé leur souhait de renforcer les coopérations régionales et transfrontalières, notamment dans le cadre de la politique septentrionale ("Nordic dimension") de l'UE. La sûreté nucléaire et la gestion des déchets et combustibles irradiés devraient, à cet égard, jouer un rôle primordial.

Une seule phrase de la déclaration est consacrée à la Tchétchénie, soulignant la nécessité d'une "solution politique", tout en sauvegardant la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Russie.

Dans le chapitre politique internationale, l'UE et la Russie ont notamment appelé à la reprise du dialogue au Proche-Orient, soulignant que "la poursuite des affrontements n'offre aucune perspective et le recours à la force armée ne constitue pas une solution". "La Fédération de Russie et l'Union européenne confirment leur disponibilité à coopérer avec l'ensemble des parties prenantes à l'établissement d'une paix juste et durable au Proche-Orient", dit la déclaration conjointe. Quant à la Serbie, les deux parties se sont prononcées en faveur de la participation pleine et entière de la RFY dans les institutions internationales, et en particulier pour son admission rapide à l'Onu.

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