Strasbourg, 26/10/2000 (Agence Europe) - Lors du débat sur le rapport de Cushnahan au sujet des rapports de la Commission européenne concernant la Région administrative spéciale de Hong-Kong (voir résumé dans EUROPE du 25 octobre, p. 13), le commissaire Chris Patten a rassuré les parlementaires: des problèmes existent, mais Hong-Kong reste une société libre, peut-être la plus libre d'Asie, comme j'ai pu le constater pendant ma visite dans la région la semaine dernière. Les media restent « vigoureux », a dit le commissaire (qui a été le dernier gouverneur britannique de Hong-Kong) en répliquant à Graham Watson, libéral démocrate écossais, qui s'inquiétait du respect de la liberté de presse . Par ailleurs, il a signalé que des initiatives sont prises sur un problème qui existe depuis longtemps, la piraterie intellectuelle, évoquée par le libéral belge Willy De Clercq. Tout ne va pas bien à Hong-Kong, a regretté John Cushnahan (Irlandais,Fine Gael): l'économie, lui a répliqué M.Patten, « rebondit », entre autres grâce à un service public « superbe », et à la très particulière combinaison entre l'esprit d'entreprise chinois et l'existence d'une société basée sur l'état de droit. Quant aux soucis exprimés par certains Etats membres en ce qui concerne une éventuelle obligation de visa pour entrer à Hong Kong, ils sont « déplacés », estime M.Patten.
Le Parlement demande une réforme des institutions de Hong-Kong
Le Parlement a largement approuvé la résolution de John Cushnahan, en demandant en particulier à la Commission de rassurer le Parlement européen à propos des droits civiques, des droits syndicaux et du travail des enfants à Hong-Kong, et d'étoffer comme promis les ressources de la Délégation de l'UE sur place. En adoptant un amendement du rapporteur lui-même, le Parlement déplore que seulement 43% de l'électorat ait participé à l'élection du Conseil législatif du 10 septembre dernier, et attribue cette faible participation à "la désillusion des électeurs face au manque de réel pouvoir de cet organe" et à la nature peu démocratique du mode d'élection du Conseil législatif; le Parlement demande donc qu'on procède dans la région administrative spéciale, à une réforme des institutions politiques, en introduisant le suffrage universel, "dès la première occasion", à la fois pour les élections du Conseil législatif et du chef de l'exécutif.