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Bulletin Quotidien Europe N° 7814
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/sÛrete alimentaire

Les villes de Parme, Barcelone et Helsinki font campagne pour héberger l'autorité alimentaire européenne en 2002 en vantant leurs atouts respectifs

Bruxelles, 05/10/2000 (Agence Europe) - La campagne pour l'attribution du siège de la future Autorité alimentaire européenne bat son plein. Les autorités espagnoles, italiennes et finlandaises ne ménagent pas leurs efforts pour faire valoir, auprès de l'opinion publique et des décideurs de l'Union, les atouts respectifs de Barcelone, Parme et Helsinki - les trois villes candidates pour accueillir cette nouvelle instance- ainsi que les critères qui, selon elles, devraient présider au choix des chefs d'Etat et de gouvernement des Quinze. Ces derniers devraient se prononcer au Sommet européen de Nice en décembre prochain, mais il n'est pas exclu que la décision intervienne plus tard, sous présidence suédoise du Conseil de l'Union. Quoi qu'il en soit, le Parlement européen devrait émettre son avis lors de sa prochaine session plénière, et le Conseil « Marché intérieur », qui a pris note des candidatures formelles le 25 mai dernier, examinera la question en novembre. Des propositions détaillées de la Commission sont attendues pour la fin du mois d'octobre.

Garanties d'indépendance vis-à-vis des intérêts industriels et haut niveau d'expertise scientifique sont les assurances que l'Italie, l'Espagne et la Finlande offrent, chacune de son côté, pour «mériter » le siège de cette autorité pivot de la politique de sûreté alimentaire de l'Union, qui - conformément aux objectifs du Livre blanc sur la sûreté alimentaire - sera chargée d'assurer l'évaluation et la communication des risques, ainsi que l'information des consommateurs, en travaillant en réseaux avec les organismes nationaux compétents.

L'Italie et l'Espagne font, en outre, valoir l'avantage que présentent Parme et Barcelone du point de vue de leur emplacement géographique, de leur "culture de la gastronomie" et de leurs attraits culturels. La Finlande, elle, fait observer qu'elle est le seul des trois Etats membres concurrents à ne détenir le siège d'aucune agence européenne (le Centre commun de recherche est implanté à Ispra, et la Fondation européenne pour la formation professionnelle à Turin ; l'Espagne détient le siège de l'Office de l'harmonisation dans le marché intérieur - marques, dessins et modèles - situé à Alicante).

Voici, plus précisément, les arguments de campagne développés par les concurrents:

L'Espagne, qui propose d'abriter la future agence dans le Parc de Recherche biomédicale de Barcelone, met en avant les avantages d'un «cadre scientifique innovateur et d'avant-garde », insiste sur le grand nombre de facultés de l'Université de Barcelone qui travaillent à la recherche de la sécurité, du contrôle et des aspects nutritionnels des aliments. Elle rappelle que l'industrie agro-alimentaire est le moteur de l'activité économique de la Catalogne, souligne que Barcelone est dotée d'une large tradition de foires et de congrès (dont le Salon de Alimentaria, deuxième foire de l'Europe dans ce secteur) et met en avant la qualité des liaisons aériennes et autoroutières qui la mettent facilement en contact avec les quinze capitales de l'Union européenne.

Au nom de la Finlande, M. Kimmo Sasi, ministre finlandais du Commerce extérieur, a rappelé lors d'une intervention au dernier Conseil Marché Intérieur/Consommateurs (28 septembre), que son pays proposait d'héberger l'Autorité dans le parc scientifique de Viikki. « Nous considérons que Helsinki offre à l'Autorité de bonnes conditions de travail. La Finlande est techniquement très bien équipée pour soutenir une autorité qui doit répondre à des demandes urgentes. En outre, le haut niveau scientifique de la recherche alimentaire favorise l'établissement de l'autorité dans notre capitale. L'autorité sera chargée d'assurer la sécurité des consommateurs et non pas les intérêts des industries alimentaires. J'apprécie beaucoup la candidature des villes concurrentes, Barcelone et Parme. Je pense toutefois qu'il serait maintenant temps d'établir pour la première fois une Agence de l'Union européenne en Finlande. Le principe d'égalité des Etats membres a toujours été essentiel pour l'établissement des agences européennes. Il conviendrait de ne pas l'abandonner au moment où la Finlande et la Suède sont les seuls Etats membres à ne pas avoir d'agence», a-t-il déclaré.

Au cours d'une conférence de presse organisée à Bruxelles, les autorités italiennes qui proposent Le Palais ducal (ancien Palais du duché de Parme) pour abriter l'Autorité, ont insisté sur la longue tradition dont l'Italie peut se prévaloir dans le secteur agro-alimentaire, et sur la situation géographique privilégiée de Parme, qui, selon Andrea Borri, président de la province de Parme, en fait «un point de rencontre idéal entre un concept continental et un concept méditerranéen de sûreté alimentaire». Selon lui, «la sécurité alimentaire n'est pas seulement une opération de laboratoire, mais une synthèse entre qualité des aliments et sécurité sanitaire tout au long de la chaîne de production. Parme possède une culture de la défense de la qualité. Elle jouit d'une tradition unique et reconnue au niveau international ».

Mme Ombretta Fumagalli Carulli, ministre délégué à la Santé, a renchéri en soulignant que «le système de sécurité alimentaire en Italie est un point central de l'intérêt public ». Selon elle, le système italien a devancé l'évolution au sein de la Commission européenne en faisant du ministère de la Santé «l'institution centrale pour les orientations et la programmation en matière de sûreté alimentaire et en plaçant les contrôles sous sa responsabilité. «En Italie, la santé publique est placée au-dessus de l'agriculture et de la production », a-t-elle déclaré. Et Gianni Mattioli, ministre des Affaires européennes, d'ajouter: « Une autorité alimentaire doit suggérer aux décideurs politiques des règles de plus en plus adaptées, rigoureusement liées à la sécurité sanitaire, mais surtout à la culture de l'alimentation. Faire grandir la culture de l'alimentation, c'est ce que l'Italie veut mettre dans le débat ». A un journaliste qui lui faisait observer que l'Italie abrite déjà le Centre commun de recherche d'Ispra, le ministre a répondu que « un siège d'une autorité européenne n'est pas à comparer avec un siège de centre d'études».

Quel que soit le choix qui sera fait, les ministres des Quinze en charge de ce dossier ont à cœur qu'une décision intervienne le plus rapidement possible pour permettre à l'Autorité alimentaire européenne d'être pleinement opérationnelle en 2002. Ils l'ont unanimement souligné lors du dernier Conseil « Marché Intérieur/Consommateurs ».

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