Strasbourg, 03/10/2000 (Agence Europe) - A l'ouverture de la session plénière à Strasbourg, le Parlement européen a respecté une minute de silence en hommage aux victimes de la violence au Proche-Orient. Auparavant, les députés ont écouté, debout, une déclaration dans laquelle, la présidente Nicole Fontaine a rappelé qu'au cours des derniers jours, "Jérusalem, d'autres villes et les territoires palestiniens se sont malheureusement embrasés. (…) Je tiens à exprimer, au nom du Parlement européen, mon émotion la plus profonde face à cette nouvelle flambée de violence". Et de constater: "A un moment où le processus de paix est dans une phase cruciale, avec des avancées réelles, mais fragiles, la visite sur l'Esplanade des Mosquées de M. Ariel Sharon ne peut être perçue que comme une provocation". Mme Fontaine a lancé un appel à la communauté internationale pour que "tout soit fait pour renouer au plus vite les fils du dialogue".
Apportant son soutien à la déclaration de Mme Fontaine, le président espagnol du groupe socialiste, Enrique Baron, a proposé que cette question soit discutée dans le cadre du débat sur la préparation du Sommet de Biarritz. "Nous devons dire à nos amis israéliens qu'un gouvernement démocratique ne peut pas lutter avec des chars et des canons contre des enfants qui jettent des pierres", a-t-il dit. Le président du groupe PPE/DE, Hans-Gert Pöttering (CDU), a parlé d'une "véritable tragédie" et s'est félicité de la déclaration de la présidente. Estimant qu'on ne peut "pas bouleverser tout l'ordre du jour", il a rejoint M. Baron pour proposer que cette question soit évoquée durant le débat sur le prochain Conseil européen. Le président français du groupe GUE/NGL, Francis Wurtz, a insisté pour que cette question ne soit pas traitée dans un débat général et sans faire l'objet d'une prise de position concrète du Parlement au travers d'une résolution. Il a proposé l'organisation d'un débat spécifique ou, à tout le moins, d'un débat d'urgence. Après concertation avec ses collègues des autres groupes, il a suggéré que ce débat puisse se faire soit, jeudi matin, en présence de la Présidence française représentée par Nicole Pery, soit jeudi soir en présence du Haut représentant de la Pesc, Javier Solana (qui doit déjà évoquer la situation en Yougoslavie à la suite des élections). La présidente finlandaise du groupe V/ALE, Heidi Hautala, et le président irlandais du groupe libéral, Pat Cox, ont également apporté leur soutien à la déclaration de Mme Fontaine et à la proposition de M. Wurtz. A l'issue de ce bref débat, le Parlement a décidé de modifier son ordre du jour pour y ajouter, jeudi soir, une discussion avec M. Solana sur la situation au Proche-Orient.