Luxembourg, 03/10/2000 (Agence Europe) - Le Conseil Transports a fait une nouvelle fois le point, lundi à Luxembourg, sur la préparation du projet de système européen de positionnement par satellite, Galileo. "Des approches très diverses se sont exprimées", a noté le ministre français des Transports, Jean-Claude Gayssot. Au cours du déjeuner, consacré au financement de la phase opérationnelle de ce projet dont le coût est évalué à 3 milliards d'euros, les ministres ont insisté encore une fois pour que l'équilibre coûts/bénéfices soit analysé avec précision. Le Royaume-Uni et l'Allemagne insistent toujours pour que la participation du secteur privé soit garantie. L'Italie, l'Espagne, le Portugal et la France restent globalement favorables au projet. La Commission devra préciser son analyse économique dans un rapport attendu pour la mi-novembre. "Nous espérons que la communication de la Commission permettra de prendre une décision en décembre sur le passage à la phase opérationnelle", a précisé le Jean-Claude Gayssot.
Les ministres ont concentré leur débat sur trois questions définies par la Présidence:
1) le type de services qui devront être fournis par Galileo: le futur système de satellite devra garantir une continuité du signal et être contrôlable en toute circonstance, contrairement au système GPS américain, dont les signaux sont gratuits mais peuvent être suspendus pour des raisons militaires. La continuité du service est indispensable pour l'aviation civile et pour d'autres implications de sécurité civile mettant en jeu des vies humaines, a-t-il été remarqué. Afin de garantir cette sécurité, les ministres ont demandé à la Commission d'affiner son analyse sur le partage des fréquences entre les utilisateurs, sur le cryptage, etc.
2) l'architecture de la future constellation satellite: selon la Commission, le système Galileo devrait être composé de 30 satellites en orbite et intégrer progressivement les trois satellites GNSS d'ici à 2015. En cours de développement, ce système GNSS complète la couverture du système américain GPS par des satellites géostationnaires. Les Etats septentrionaux, en particulier la Suède, qui ne sont pas couverts par les satellites géostationnaires situés sur l'Equateur, insistent pour la mise en place des satellites en orbite de Galileo et jugent le GNSS inutile, alors que d'autres Etats membres pensent le contraire.
3) le système de gestion de Galileo après le passage à la phase opérationnelle du projet: les ministres ont constaté que Galileo devra être géré par une structure unique avec son budget propre et contrôlé par les Etats membres de manière transparente. Une note de la Présidence française constate que la nécessité d'un organe unique est confirmée par les difficultés rencontrées dans la coopération entre l'Agence spatiale européenne et la Commission. L'unicité de gestion est également réclamée par le secteur privé.