Bruxelles, 27/09/2000 (Agence Europe) - Le Kangaroo Group a tenu, les 18 et 19 septembre, sa conférence annuelle, consacrée cette fois aux barrières au développement du multimédia, du commerce électronique et d'Internet. Cette organisation non-gouvernementale se bat pour la libre circulation en Europe et regroupe des membres des institutions européennes - notamment du Parlement -, des gouvernements nationaux et des partenaires sociaux (industrie et syndicats). Son président, Karl von Wogau, a introduit la rencontre en soulignant combien "l'établissement et le développement d'une nouvelle génération de réseaux mobiles, et aussi des technologies futures, représentent un événement mondial, qui crée des opportunités pour l'emploi, le commerce et la croissance, mais aussi un certain nombre de risques".
Au cours de la premières session, sur les barrières pour les consommateurs, le commissaire David Byrne, responsable de la politique des consommateurs, s'est inquiété que "trop peu de consommateurs sont en ligne, et parmi ceux qui le sont, trop peu ont fait de véritables recherches ou sont prêts à en faire d'autres", et ce "malgré les avantages du commerce électronique: des prix très bas, un choix plus grand, une meilleure information". La sécurité et la protection des données sont pour lui les causes majeures d'inquiétudes. Pour rassurer le consommateur, il a évoqué les initiatives de la Commission en trois étapes: i) les pratiques loyales sur le marché; ii) l'arbitrage privé ou "ADR" (résolution alternative des disputes); iii) le cas échéant, des recours auprès de sa juridiction nationale. Il a rappelé que la Commission a récemment entamé une consultation sur un premier projet de code de conduite, qui est une compilation des meilleures pratiques, susceptible de devenir une recommandation. Il souhaite que ces principes deviennent des standards mondiaux pour les utilisateurs d'Internet, en ralliant, entre autres, l'administration américaine. Une recommandation est également en préparation pour adapter au cyber espace le système de résolution alternative des conflits, qui date de 1998. Pour lui, la méthode utilisée pour réaliser ces instruments, en coopération avec les milieux concernés, est innovante.
Le commissaire à la concurrence Mario Monti, qui s'est exprimé au cours de la seconde session, sur les barrières pratiques, a souligné qu'Internet inclut bien davantage que le commerce électronique. Internet est "un instrument unique et mondial de communication, plus large et plus important que le commerce lui-même", particulièrement sous l'angle des règles qui s'y appliquent. "Il est clair", a-t-il expliqué, "que les règles de concurrence sont plus que jamais nécessaires dans l'ère Internet". Sa croissance rapide est susceptible de provoquer l'émergence de positions dominantes des sociétés de télécommunications et elle est liée aussi aux choix technologiques faits par les télévisions, ainsi qu'au contrôle du marché des ordinateurs personnels. Mario Monti a souligné l'intérêt d'examiner de plus près la structure des industries, comme celles de la musique et des éditeurs, pour voir si l'intérêt des parties à y maintenir un statu quo bloque le développement d'Internet.
Bernard Vergnes, président de Microsoft Europe, a demandé aux participants que "les barrières pratiques et réglementaires au cyber espace ne soient pas vues comme des murs qui les séparent, mais comme des défis qui poussent à l'amélioration". Il a mis en avant la nécessité de concentrer les efforts sur la recherche et le développement, pour combler le fossé de compétences ralentissant l'Europe. Il a plaidé pour l'intervention des gouvernements dans des domaines limités, en particulier, la défense de la propriété intellectuelle et l'adaptation de la législation sur les contrats au nouvel environnement électronique.
Lors de la troisième session, consacrée aux barrières réglementaires, Erkki Liikanen, le commissaire en charge de la société de l'information, a rappelé la démarche de la Commission à travers l'initiative eEurope. Il a fait état des progrès de la libéralisation, urgente au regard d'Internet, mais ralentie au niveau de la boucle locale. Il voit la convergence des télécommunications vers Internet comme un facteur clé de l'évolution actuelle, auquel la réponse de la Commission est le nouveau paquet sur les communications électroniques, adopté en juillet 2000. Il a expliqué ses trois objectifs: i) adapter le cadre existant aux besoins de l'industrie des télécoms; ii) augmenter la concurrence pour l'accès aux réseaux locaux; iii) assurer un haut niveau de protection privée aux utilisateurs.