Bruxelles, 13/09/2000 (Agence Europe) - A l'occasion du Sommet du Millénaire des Nations Unies, une coalition d'organisations non gouvernementales citoyennes a publié une déclaration à l'intitulé éloquent - "l'OMC: la soumettre ou la supprimer", appelant un système commercial international plus équitable, durable et responsable. Le système actuel "a engendré des inégalités extrêmes dans la distribution des richesses et contribue à la destruction de l'environnement planétaire", dénoncent les 650 ONG, porte-voix de la société civile dans 77 pays.
"Nous estimons vital de saisir ce moment pour changer de cap et développer un type de commerce alternatif, durable, équitable et sous contrôle citoyen", déclare la coalition, en identifiant, comme première étape de ce processus, un recul de l'autorité et des pouvoirs de l'OMC. Il est urgent, poursuit-elle, de protéger les diversités culturelles, biologiques, sociales et économiques; de mettre progressivement en oeuvre des politiques privilégiant le commerce et les échanges locaux; de garantir les droits économiques, sociaux et culturels universellement reconnus; d'édicter de nouvelles règles, fondées sur le contrôle démocratique des ressources, le respect des écosystèmes, l'égalité, la coopération et le principe de précaution.
A cette fin, les ONG demandent à leurs gouvernements respectifs de: i) renoncer à lancer un nouveau round de négociations et à étendre les "prérogatives" de l'OMC aux domaines de l'investissement, des politiques de concurrence, des marchés publics, des biotechnologies, des nouvelles baisses tarifaires et du commerce électronique; ii) ne pas appliquer les accords de l'OMC à des domaines essentiels tels que l'alimentation, l'eau, les services publics, la santé, la sécurité des personnes et la préservation des espèces vivantes; iii) abroger l'accord général sur le commerce des services (AGCS), vu les conséquences nuisibles du principe de libéralisation progressive pour l'investissement étranger; iv) sortir la propriété intellectuelle de l'OMC; v) interdire le brevetabilité du vivant sous toutes ses formes; vi) privilégier le droit des peuples à se nourrir; vii) abroger l'accord sur les mesures concernant les investissements liées au commerce (MIC); viii) reconnaître et étendre le droit des pays du tiers monde à un traitement spécial et différencié; ix) privilégier les droits sociaux et environnementaux; x) démocratiser le processus décisionnel; xi) dire non au "tribunal inique" que constitue l'Organe de Règlement des Différends (ORD) de l'institution genevoise qui "opère dans le secret, selon des procédures antidémocratiques (et) usurpe les fonctions législatives et réglementaires des Etats souverains et des collectivités territoriales".
Ce "changement de cap radical" que réclament les ONG vise également l'Organisation internationale du Travail (OIT), la Banque mondiale, les banques régionales de développement, le Fonds monétaire international (FMI), tandis que les paradis fiscaux, pavillons de complaisance et "autres fictions juridiques qui permettent aux firmes transnationales d'échapper à leurs obligations légales, fiscales et à tout contrôle", doivent "disparaître".