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Bulletin Quotidien Europe N° 7798
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/autriche

La levée des sanctions contre Vienne suscite des réactions largement positives, mais aussi des critiques - M. Prodi souhaite des "améliorations du traite" afin d'éviter des situations analogues

Paris/Bruxelles/Vienne, 13/09/2000 (Agence Europe) - La décision des Quatorze, annoncée mardi soir, de lever les mesures bilatérales appliquées depuis février dernier contre l'Autriche a été largement saluée dans les capitales et dans les institutions européennes, mais elle a aussi suscité des critiques, parfois très vives, et des exhortations à tirer les leçons de cette crise afin de prévenir à l'avenir des situations analogues.

Voici le texte intégral du communiqué des Quatorze du 12 septembre:

"1.Les Quatorze ont pris connaissance du rapport remis par les trois Sages au sujet de la situation autrichienne.

2.Ce rapport aboutit pour l'essentiel à quatre conclusions: - les mesures mises en oeuvre par les Quatorze se sont avérées utiles; - le gouvernement autrichien n'a pas méconnu son engagement envers les valeurs communes européennes; - les mesures adoptées par les Quatorze iraient, si elles ne cessaient pas, à l'encontre de leur objectif; - le FPÖ peut être qualifié de parti populiste de droite aux caractéristiques extrémistes et son évolution est incertaine.

3. En se fondant sur les conclusions de ce rapport, les Quatorze ont procédé à nouveau à l'examen de leurs relations bilatérales avec le gouvernement autrichien, conformément à la procédure convenue à la fin du mois de juin.

4. Ils ont approuvé les conclusions suivantes: - les mesures mises en oeuvre par les Quatorze ont été utiles. Elles peuvent maintenant être levées. La nature du FPÖ et son évolution incertaine restent un motif de sérieuse préoccupation. Les Quatorze considèrent qu'une vigilance particulière doit être exercée à l'égard de ce parti et de son influence sur le gouvernement auquel il participe. Ils sont convenus d'exercer cette vigilance en se concertant. Il convient de poursuivre la réflexion au sein de l'Union européenne sur la manière de prévenir, suivre, apprécier et agir dans des situations analogues. Les recommandations contenues dans le rapport des trois Sages sont une contribution utile à cette réflexion" (voir EUROPE d'hier, p.3, et plus loin dans ce bulletin au sujet du débat du Groupe préparatoire de la CIG concernant l'Article 7 du Traité).

Le président de la Commission européenne Romano Prodi a commenté la décision en déclarant: "La Commission n'a jamais voulu que l'Autriche soit isolée, et je me réjouis que les sanctions soient levées. Mais l'Union doit rester vigilante face à l'extrémisme et la xénophobie, où qu'elles se manifestent en Europe. Et nous devons apprendre les leçons de cet épisode: j'espère que nous déciderons d'affiner les instruments dont nous disposons pour traiter de tels problèmes. Je veux voir des améliorations du Traité, afin d'éviter plus facilement que de telles situations se produisent à nouveau. La Commission est prête à fournir toute assistance possible afin d'assurer que les valeurs de l'Union sont respectées"(traduction non officielle).

Le ministre belge des Affaires étrangères Louis Michel a salué de New York la levée des sanctions, tout en soulignant le "rôle moteur" joué par la Belgique dans cette affaire et en affirmant que, sans les mesures des Quatorze, l'entrée au gouvernement autrichien de "partis populistes et xénophobes eut été banalisée". Selon lui, cette crise montre que la défense des valeurs inscrites dans le Traité de l'UE est "une responsabilité commune et doit dorénavant faire l'objet d'une surveillance active". Au Danemark, dès la publication du communiqué de l'Elysée, le Premier ministre Poul Nyrup Rasmussen a annoncé qu'il levait les sanctions "avec effet immédiat".

Au Parlement européen, Ursula Stenzel, élue de l'ÖVP du chancelier Schüssel, a déclaré: "Je ne peux pas prétendre que je me réjouis de la levée des sanctions, parce qu'il ne faut pas se réjouir particulièrement de quelque chose qui va de soi (...) J'espère maintenant qu'on s'entendra sur une procédure" qui empêchera à l'avenir l'imposition de sanctions comme celles-ci. Le président du groupe socialiste Enrique Baron a, tout en saluant le travail des Sages, estimé que la position prise par les Quatorze avait "empêché la normalisation de l'extrême droite au pouvoir". Il faut maintenant, a-t-il ajouté, "que nous exprimions mieux dans nos Traités à la fois la nature de nos valeurs communes et les actions à prendre en cas de violation. Des actions prises au sein de la Communauté sont infiniment préférables à des mesures bilatérales". Harlem Désir, membre français du groupe socialiste du PE, a dit: depuis la publication du rapport des Sages "l'extrême droite n'a jamais été aussi triomphante en Autriche (...) C'est pourtant une des leçons de quinze années de lutte contre le Front National en France: seule la fermeté dans la durée paye". M. Désir demande lui aussi que la CIG aboutisse à un renforcement de l'Article 7 à l'égard des pays "qui rompent ou qui rompraient demain, après l'élargissement, avec les valeurs fondatrices de l'Union".

A Washington, le porte-parole du Département d'Etat a indiqué, après l'annonce de l'Elysée, que les Etats-Unis maintiendront leur politique de contacts sélectifs avec l'Autriche appliquée depuis la formation du gouvernement ÖVP/FPÖ, à savoir une approche "flexible" prévoyant des contacts avec Vienne sur "les questions qui nous concernent directement".

En revanche, le Canada, qui avait limité la plupart des contacts politiques et diplomatiques avec Vienne, a levé ses sanctions. Quant à Israël (qui avait rappelé en février dernier son ambassadeur en Autriche, pour une période indéterminée), le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a dit que "pour l'instant notre position est inchangée".

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