Bruxelles, 26/07/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté ce mercredi un Livre Vert sur les problèmes environnementaux liés à l'utilisation du PVC par l'industrie et, sur cette base, elle lance une consultation publique auprès des parties intéressées jusqu'à la fin du mois de novembre. Ce Livre Vert est le résultat de 3 années d'études sur les aspects scientifiques et techniques du cycle de vie du PVC.
L'industrie du PVC en Europe concerne 530 000 emplois et 21 000 entreprises, avec une production de 5,5 millions de tonnes en 1998, ce qui représente 20% de la production mondiale de plastique. La valeur du marché se chiffre à 73 milliards d'euros.
Le Livre Vert identifie deux problèmes majeurs: l'usage d'additifs dans le processus de fabrication et la phase de gestion des déchets de PVC. Selon un expert de la Commission, parmi les additifs utilisés, il faut distinguer, d'une part, les stabilisants, qui rendent plus résistant le matériau (plomb, présent dans 70% des PVC, et cadmium) et, d'autre part, les plastifiants qui l'assouplissent, principalement les phtalates, dont des évaluations de risques pour l'environnement et la santé sont en cours. Près d'un million de tonnes de phtalates sont utilisés annuellement de cette manière. Les déchets de PVC traités chaque année représentent 3,6 millions de tonnes. La Commission prévoit une augmentation de plus de 80 % d'ici 2020. La durée de vie des produits peut être longue 20 ou même 50 années. Le problème principal se trouve dans la construction, qui compte plus de 57% des usages. La gestion des déchets se fait très peu par recyclage (3%), alors que l'essentiel est fait par incinération (17%) et surtout par décharge. Le Livre Vert suggère de passer à un recyclage de 18% des déchets d'ici 2020. Il met en avant les problèmes liés à l'incinération, en particulier la production de gaz chloré qui est insuffisamment neutralisé par de la chaux.
La Commission a annoncé qu'elle mettra sur la table des solutions à ces problèmes au début de l'année 2001. Elle dispose d'instruments législatifs pour traiter l'impact environnemental des PVC. Elle a signalé mercredi qu'elle espérait obtenir des contributions des parties intéressées qui lui permettraient d'orienter le processus en cours. La substitution des produits jugés toxiques est envisageable. Un expert de la Commission a précisé qu'elle envisagerait ces substitutions dans certaines applications, mais que cela ne signifiait pas l'interdiction totale. Ces produits sont, entre autres le polypropylène (PET) et le polyéthylène (PE). Certains Etats membres ont, à ce jour, interdit le cadmium. Le Danemark envisage de réduire de moitié l'utilisation du PVC. La question de l'impact des PVC sur la santé humaine fait encore l'objet d'études. Des mesures ont été prises pour limiter les effets sur les travailleurs exposés au cours du processus de fabrication. Aucune preuve n'a encore été donnée, selon la Commission, qui permette d'établir le danger pour l'utilisateur. Quant à la phase liée aux déchets, l'expert de la Commission estime qu'il faut analyser l'impact direct en fonction du mode d'incinération, différent selon le pays.
Le Livre Vert peut être consulté sur le site http: //europa.eu.int/comm/environmement/pvc/index.htm.