Mayence, 13/06/2000 (Agence Europe) - A l'issue du sommet franco-allemand du 9 juin à Mayence, le chancelier Schröder a affirmé que la France et l'Allemagne étaient largement d'accord sur les grandes lignes des positions à prendre sur les principales questions discutées à la Conférence intergouvernementale sur la réforme institutionnelle de l'UE, c'est-à-dire les "trois reliquats d'Amsterdam" et les coopérations renforcées (qui ne sont pas encore formellement inscrires à l'ordre du jour). Au sujet de la pondération des voix au Conseil - l'un des détails encore à régler - le président Chirac a indiqué qu'il était "souhaitable" de tenir compte de l'"élément démographique", et que ceci "ne sera pas un problème entre nous". Le Conseil européen de Feira pourra être l'occasion pour la France et l'Allemagne d'esquisser leur "approche commune" devant les autres chefs d'Etat et de gouvernement. Par ailleurs, Jacques Chirac (qui a relevé dans le discours de Joschka Fischer "une très bonne vision de l'Europe", alors que le Premier ministre Lionel Jospin a parlé simplement d'ouverture d'un "débat salubre") s'est dit favorable à l'adoption, le moment venu, d'un "contrat constitutionnel" européen, en déclarant: "S'il s'agit de dire qui fait quoi dans l'Union européenne de demain, comment s'applique réellement le principe de subsidiarité, quelles sont les relations entre l'Europe et les nations, alors il serait utile d'avoir un texte de cette nature".
A Mayence, l'Allemagne a par ailleurs confirmé qu'elle achètera 75 exemplaires de l'avion de transport de troupes Airbus A400M, et la Déclaration adoptée lors du sommet précise que "la France et l'Allemagne souhaitent que les industriels associés à ce programme recherchent des opportunités de coopération" avec la Russie et l'Ukraine. La Déclaration précise aussi que France et Allemagne entendent mettre en place "un système d'observation satellitaire européen indépendant", auquel la France "contribuera avec son système de satellite optique" (le satellite Helios II), alors que l'Allemagne "va acquérir un système de satellite radar tout temps" (le système SAR-Loupe). La Déclaration précise que cette "initiative bilatérale constituera la base d'un système européen d'observation, ouvert à d'autres partenaires européens".