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Bulletin Quotidien Europe N° 7736
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/entreprises

Résultats positifs de l'European Business Summit - Pour le président Prodi, l'Europe doit anticiper le changement - Viviane Reding appelle les forces vives à avancer dans la même direction en trouvant un consensus pour l'efficacité

Bruxelles, 13/06/2000 (Agence Europe) - Le European Business Summit (EBS), qui s'est tenu le week-end dernier à Bruxelles à l'initiative de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) et du patronat européen (Unice) sur le thème de l'innovation et de la créativité, s'est déroulé dans un climat extrêmement positif. Ce "mini-Davos" a rencontré un énorme succès (mises à part "les voix dissonnantes" de l'anti-mondialisation qui manifestaient dans la rue) "tant par la qualité des discussions que par la quantité avec plus de 1000 participants", dont plusieurs Commissaires européens, d'autres hommes politiques (comme le Premier ministre belge Guy Verhofstadt) et un grand nombre d'hommes d'affaires, a commenté le patron des patrons le Baron Georges Jacobs. "La qualité des débats, a ajouté le Secrétaire général de l'Unice Dirk Hudig, "permettra au suivi de Lisbonne de se développer pour trouver des solutions au retard de l'Europe face aux Etats-Unis en matière de technologies et d'innovation".

S'exprimant dans le même sens, la Commissaire européenne en charge de l'Education Mme Viviane Reding a indiqué: "si nous voulons construire une société de la connaissance comme requis par Lisbonne, nous pourrons uniquement le faire en partenariat avec les forces sociales. Il revient aux politiques de donner le la. Ensuite, tout le monde doit s'engager, et le monde industriel a une responsabilité particulière. Sans partenariat entre le public et le privé, nous n'arriverons à rien. Travailleurs, industriels et politiques doivent travailler ensemble et dans le même sens". Et Mme Reding a expliqué: "Nous devons d'abord pratiquer la globalisation chez nous; toutes les forces vives doivent faire avancer les choses en trouvant un consensus pour l'efficacité". La Commissaire a souligné dans ce contexte l'importance essentielle de l'éducation pour relever les défis de la nouvelle société de la connaissance (voir les pages suivantes): tous les éléments de la société, y compris les syndicats, doivent prendre leurs responsabilités en la matière".

Le Sommet a par ailleurs été marqué par l'intervention d'Emilio Gabaglio, Secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), dont le discours a envoyé des "signaux très positifs pour son esprit d'ouverture à propos du marché du travail, de la réforme des systèmes sociaux, et de l'innovation", a résumé Thérèse de Liedekerke, directeur de la commission des Affaires sociales de l'Unice. Un sentiment partagé par Mme Viviane Reding selon laquelle "si tous les syndicalistes témoignaient d'un tel esprit d'ouverture, nous irions très loin". M. Gabaglio a toutefois commenté que "l'Unice serait mal avisée de faire de la flexibilité du travail une obsession. Il y a bien d'autres politiques qui sont nécessaires pour rendre les entreprises européennes plus innovantes et compétitives". Et il a rappelé que "la CES avait fait preuve de son engagement à travers le dialogue social et les négociations européennes pour moderniser le fonctionnement du marché du travail, une fois qu'un bon équilibre est établi entre les exigences des entreprises et les indispensables droits et garanties sociales des travailleurs. J'espère que l'Unice surmontera ses réticences pour rendre cette approche encore plus productive à l'avenir et que les employeurs européens à tous les niveaux reconnaîtront qu'il n'y a pas d'autres voies pour mener à bien les changements nécessaires que la reconnaissance du rôle des syndicats et de la négociation collective".

Tirant les conclusions des travaux, Georges Jacobs a indiqué qu'il en ressortait trois messages positifs: 1) la confirmation que dans notre environnement qui connaît des changements rapides, l'innovation est la réponse aux défis posés par la compétitivité; 2) la convergence entre les priorités établies par le Sommet de Lisbonne de mars dernier et les objectifs des chefs d'entreprises; c) les lacunes en matière de performances et d'innovations, soulignées d'ailleurs dans le rapport sur le benchmarking 2000 de l'Unice. Il faut à présent matérialiser ces messages en des mesures concrètes et constructives. Pour M. Jacobs, l'innovation est également "cruciale dans les domaines social (modernisation des systèmes européens de protection sociale), environnemental (développement durable et protection de l'environnement) et politique (élargissement de l'Europe)". Des ateliers de travail, Georges Jacobs a retenu trois recommandations qui seront présentées à l'automne au Président Prodi et qui feront l'objet de discussions entre partenaires sociaux européens, à savoir: "1) n'oublier pas la "dimension du rêve" lorsque l'on innove; 2) accepter les risques; 3) s'adapter aux changements rapides et permanents".

De son côté, le Premier ministre belge Guy Verhofstadt s'est dit convaincu qu' "une économie fondée sur l'innovation et la créativité permettra d'assurer une croissance durable, le plein emploi et une inflation faible". En respectant le calendrier de Lisbonne, "l'Union européenne pourra devenir l'économie basée sur la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique au monde d'ici 2010, plus proche du plein emploi qu'elle ne l'a jamais été dans son histoire, et plus efficace contre la pauvreté que n'importe quelle autre région du monde".

Le président de la table ronde des industriels européens (ERT) Morris Tabaksblatt a appelé "à éliminer les paperasseries et tracasseries administratives... L'Europe a besoin de plus de libertés, pas de plus de réglementations, pour se mesurer aux meilleurs et notamment aux Etats-Unis".

"Si nous voulons construire une Europe forte, il faudra des entrepreneurs qui fassent preuve de créativité et d'innovation. Je pense qu'en Europe, nous en avons beaucoup, et c'est là un de nos grands atouts. La meilleure façon de favoriser ces idées, c'est de rassembler ces créateurs. La créativité, c'est l'innovation, laquelle est elle-même à l'origine de tous nos progrès. L'Europe devra non pas suivre le changement mais l'anticiper", a déclaré dans la session de clôture le Président de la Commission européenne Romano Prodi. "Nous devons garder à l'esprit la rentabilité à long terme. Ce que veulent les citoyens, ce sont des valeurs éthiques, une justice démocratique, des préoccupations pour l'environnement et le développement durable". Plaidant pour "un sens citoyen de la responsabilité". M. Prodi a lancé un appel aux entreprises innovantes pour qu'elles "trouvent des travailleurs talentueux et les conservent, les motivent en leur permettant de participer pleinement à l'entreprise, en leur donnant de nouvelles formations, de meilleurs salaires, des stocks options".

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