Luxembourg, 13/06/2000 (Agence Europe) - A l'occasion du Conseil Affaires générales, les Quinze ont entendu Sergio Vieira de Mello, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et Administrateur provisoire pour Timor oriental, leur décrire la situation sur place. Dans la perspective de la Conférence des donateurs qui se déroulera à Lisbonne du 21 au 23 juin, le commissaire Chris Patten a, pour sa part, décrit les modalités de l'aide qui sera apportée par l'UE en appui à la reconstruction.
Lors d'une conférence de presse, Sergio Vieira de Mello a souligné "deux particularités": a) le "caractère unique" du mandat qui lui est confié, lequel le conduit à "assumer pleinement le pouvoir administratif, législatif et judiciaire", en rappelant que les Timorais avaient "voté de manière écrasante en faveur de l'indépendance"; b) "la participation des Timorais à la gestion réelle de la transition". Les intéressés jugeaient, dans un premier temps, insuffisante cette participation, ce qui l'a amené à formuler des "propositions qui vont très loin" (elles visent notamment à ce que des personnalités de Timor puissent occuper des postes de hauts fonctionnaires au sein de l'administration de l'Onu), et qui ont suscité des "réactions très positives". M. Vieira de Mello a terminé en disant son espoir que l'UE et la Commission resteraient "engagées au plan politique et militaire, mais aussi financier". A cet égard, le commissaire Patten a rappelé que l'UE avait déjà fourni une aide humanitaire de 15 millions d'euros (via Echo) et une aide alimentaire de 8,5 millions d'euros. Elle s'est en outre engagée à apporter: - une aide de 10 millions d'euros en faveur de la reconstruction de l'administration civile ; - une aide à la reconstruction (18 millions d'euros en 2000 et 20 millions en 2001) qui sera focalisée, dans un premier temps, sur les besoins en matière de santé et de reconstruction. Le commissaire Patten a prévu qu'il y aura, pour rebâtir l'administration, une "demande croissante qui serait adressée aux donateurs", en jugeant qu'il était "très important" que ceux-ci "répondent aux demandes très raisonnables" de l'administrateur provisoire. Ce point de vue a été appuyé par le commissaire Nielson qui a également souligné la nécessité de trouver une solution pour les personnes se trouvant toujours à Timor occidental: il s'est dit prêt à exercer des pressions sur toutes les parties pour y parvenir.