Bruxelles, 17/05/2000 (Agence Europe) - Réuni le 11 mai dernier à Lisbonne, le comité directeur de la Confédération européenne des cadres (CEC) a défini les lignes directrices de la position que présentera la CEC à la prochaine négociation sur le travail temporaire, à laquelle elle participera aux côtés de la Confédération européenne des syndicats (CES). Le patronat européen ayant donné récemment son accord pour entrer en négociation à ce sujet, une première réunion devrait se tenir début juin. Les partenaires sociaux européens disposent de neuf mois pour aboutir à un accord sur cette question sensible. Commentant le point de vue de la CEC, son Secrétaire général Claude Cambus a formulé les trois remarques suivantes:
1. le travail temporaire n'est pas une forme de travail dans laquelle les cadres sont les plus impliqués. Une minorité d'entre eux seulement utilisent ce type de contrat. Mais les cadres ont souvent à faire avec des personnes qui travaillent sous contrat temporaire;
2. le travail temporaire est une des formes utiles pour faire face à des fluctuations temporaires de travail, mais il faut le contenir dans un certain nombre de cas précis (par exemple, pour le remplacement d'un salarié) ou pour faire face à une surcharge momentanée pour une entreprise donnée (par exemple, lorsqu'une société reçoit une commande à l'exportation qui ne l'occupe que trois mois seulement);
3. dans le travail temporaire, il y a trois acteurs: le salarié, l'entreprise de travail temporaire et l'entreprise cliente. Ceci implique deux types de contrats: un contrat de travail entre le salarié et l'entreprise de travail temporaire, un contrat commercial entre cette dernière et l'entreprise cliente. Il faut donc absolument s'assurer que, dans l'entreprise utilisatrice (cliente), par rapport à l'entreprise de travail temporaire, les droits normaux d'un salarié soient en place (y compris le droit à l'information-consultation du travailleur) et que ce dernier soit juridiquement protégé entre deux missions d'interim;
4. dans certains cas, le travail temporaire doit être interdit par l'exemple lorsque le travail présente un caractère de danger évident pour les travailleurs ou pour l'environnement (par exemple dans le secteur de la chimie). La formation et la connaissance sont ici des éléments-clés dont il faut tenir compte.
De toute façon, le contrat de travail à durée indéterminée soit rester la règle générale.
Le comité directeur de la CEC a aussi discuté de charte des droits fondamentaux: pour la CEC, elle doit contenir un chapitre consacré aux droits économiques et sociaux tels que le droit à l'information, à la consultation et à la participation dans les entreprises, et doit être incorporée au Traité européen afin de donner à ces droits nouveaux une force juridique.