Bruxelles, 16/05/2000 (Agence Europe) - Ainsi qu'il a été annoncé dans EUROPE d'hier page 12, la Commission européenne a défini mardi à Strasbourg la nouvelle stratégie qu'elle propose en matière de santé publique pour contribuer à une prévention accrue des maladies et à une amélioration des services de santé dans l'Union, aptes à garantir un niveau élevé de protection de la santé des citoyens européens. L'amélioration de l'information sur la santé par la collecte et la transparence des données pertinentes dans les Etats membres, la prévention des menaces pour la santé que les Etats membres ne peuvent pas combattre séparément et la mise en place de stratégies permettant d'identifier les politiques les plus efficaces pour lutter contre les maladies et promouvoir la santé sont les grands domaines d'intervention communautaire identifiés par la Commission pour satisfaire à cet objectif. Ils sont consignés et détaillés dans le programme d'action proposé pour les six prochaines années (2001-2006) avec une enveloppe financière de 300 millions d'euros. Ce programme d'action constitue la pierre angulaire du paquet de propositions approuvé ce jour par le collège, sur initiative du commissaire européen à la santé publique et la protection des consommateurs, David Byrne.
En présentant cette stratégie au Parlement européen, le commissaire a rappelé que la Commission n'a pas de compétence pour gérer les systèmes de santé publique et ne souhaite donc aucunement empiéter sur les prérogatives des Etats membres; elle souhaite en revanche assumer le rôle que lui confère le Traité (article 152) en oeuvrant davantage à la prévention des maladies et en complétant les efforts des Etats membres là où ceux-ci ne peuvent agir seuls. "Le potentiel d'amélioration de la santé dans la Communauté est largement sous-exploité. A l'heure actuelle, les Etats membres gèrent leurs systèmes de santé de manière relativement isolée. Les efforts pour identifier les atouts et les faiblesses des différents systèmes, grâce à une coopération accrue, en sont encore à leur premiers balbutiements", a souligné David Byrne. Voici les commentaires qu'il a formulés en mettant en exergue les principaux éléments de la stratégie:
L'introduction d'un système d'information global permettant de procéder à une évaluation critique des différents systèmes de santé et d'un mécanisme de gestion de ces données sera au service du public en ce que ce système donnera aux citoyens l'accès à tout ce qui pourrait avoir un impact sur leur santé. Il permettra aussi d'identifier les forces et les faiblesses de chaque système de santé publique en renseignant sur la manière dont il répond aux besoins des patients (combien de temps les patients doivent-ils attendre un traitement, quel est le coût et l'efficacité de ces traitements, par exemple).
La mise en réseau des Etats membres pour affronter les menaces pour la santé ayant une dimension européenne ou mondiale leur permettra, par un renforcement des mécanismes de détection rapide, de surveillance et de contrôle des risques, de réagir immédiatement en cas d'alerte et de s'informer mutuellement pour combattre les maladies "qui ne connaissent pas de frontières" comme les maladies transmissibles ou les affections provoquées par la pollution de l'air ou de l'eau, ou encore le phénomène de résistance aux antibiotiques.
La coordination accrue des efforts nationaux, par des échanges d'expériences en matière de promotion de la santé et de prévention des maladies, permettra de donner un coup d'accélérateur à la prévention des maladies responsables du décès prématuré d'un cinquième des citoyens de l'Union, comme le tabagisme, et à la détection précoce des cancers, et mettra en lumière les modèles les plus efficaces.
Le commissaire a conclu en rappelant la nécessité, pour toutes les institutions communautaires, de faire de la protection de la santé une priorité cardinale, ainsi que le prescrit le Traité. Une telle exigence nécessite, selon lui, une intégration des préoccupations de santé dans tous les secteurs pertinents: marché intérieur, recherche, affaires sociales, environnement, industrie, etc..
Le texte approuvé par le collège revêt la forme d'une communication de la Commission au Conseil et au Parlement, assortie d'une proposition de décision du Parlement européen et du Conseil concernant le programme d'action communautaire dans le domaine de la santé publique pour la période 2001-2006.