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Bulletin Quotidien Europe N° 7719
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) relations exterieures

M. Patten a présenté la réforme de la gestion de l'aide extérieure - L'"externalisation" reste possible à terme

Strasbourg, 17/05/2000 (Agence Europe) - L'aide extérieure gérée par la Commission européenne augmente de façon spectaculaire depuis dix ans, alors que les ressources humaines ne suivent pas le pas: une réforme s'impose, a déclaré Chris Patten, commissaire aux relations extérieures, en présentant au Parlement européen le document sur la réforme de la gestion de l'aide (voir EUROPE du 15/16 mai, pp.8/9). Les effectifs de la Commission dans ce domaine représentent entre un tiers et la moitié de ceux des autres pays donateurs, et, malgré l'argent dépensé annuellement pour les Bureaux d'assistance technique (BAT), la Commission est critiquée à la fois par le Parlement et par la Cour des Comptes pour les lacunes de son contrôle de la gestion de l'aide. Il faut donc réformer. Mais M. Patten a annoncé tout de suite que, même si cette idée reste sur la table, la Commission ne propose pas pour l'instant l'"externalisation" de la gestion des programmes, demandée par certains, car le cadre juridique n'existe pas: cela pourrait être une possibilité à long terme.

Parfois il est plus facile d'aller de A à Z que de A à B, a constaté M. Patten, en présentant la pièce principale de la réforme, à savoir la transformation du Service commun des relations extérieures (SCR) en un nouvel organisme d'exécution, siégeant à Bruxelles et composé des commissaires responsables des relations extérieures. Les autres éléments seront: a) l'amélioration de la programmation; b) l'unification du processus de gestion (par cette nouvelle entité qui permettra à la Commission de contrôler intégralement la gestion de l'aide extérieure); c) l'attribution de davantage de responsabilités aux délégations de la Commission dans les pays bénéficiaires; d) un traitement spécial de l'aide humanitaire.

D'où vont venir les ressources pour tout cela ? D'une lettre rectificative au budget ? M. Patten ne donne pas de réponse mais, tout en disant qu'il ne veut pas "construire un empire plus grand", il estime qu'il faut faire le nécessaire pour que la Commission soit en mesure de réaliser cette réforme. Donc: où l'autorité budgétaire est d'accord, ou la Commission devra proposer des réductions importantes de l'aide.

Certains parlementaires dont la travailliste galloise Glenys Kinnock et la sociale-démocrate allemande Jutta Haug (rapporteur sur le budget général de 2001) ont ressenti ces propos comme une menace. En leur répondant, Poul Nielson, commissaire au développement et à l'aide humanitaire, a clarifié qu'il s'agit tout simplement de dire avec la plus grande clarté que, si l'autorité budgétaire dit non, la Commission ne pourra plus faire son travail, car il n'est plus possible de laisser les choses telles qu'elles sont maintenant. M. Nielson (qui a répondu aux questions des parlementaires car M. Patten devait participer à une réunion conjointe de commissions) a précisé que le nouvel organisme qui remplacera le SCR permettra davantage de clarté dans la division des tâches. Je serai l'administrateur général, et M. Patten le président, le coordinateur (NDR: MM. Lamy, Verheugen et Solbes seront les autres membres), a dit M. Nielson, qui estime aussi que le nouveau groupe d'appui à la qualité proposé dans le cadre de la réforme, avec la mission de suivre et évaluer la cohérence et l'uniformité de la programmation, améliorera la qualité de la coopération avec les pays en développement. Nous devons sortir d'une "culture des engagements" pour entrer dans une culture des réalisations, a dit M. Nielson.

En répondant à une question de la socialiste espagnole Francisca Sauquillo, M. Nielson a indiqué que l'aide humanitaire ne va pas souffrir suite à ces changements: Echo ne sera pas affecté par la réforme, mais un meilleur lien sera créé entre l'aide humanitaire et l'aide au développement. Je pense que, avec son nouveau directeur, Echo est sur la bonne voie, a affirmé le commissaire. En répondant au conservateur britannique Nirj Deva, originaire du Sri Lanka, M. Nielson a indiqué que 2,2 milliards d'investissements privés dans les pays tiers seront gérés par la BEI, ces investissements étant consacrés précisément à ce que souhaite le parlementaire: aider les pays en voie de développement à s'aider eux-mêmes dans le cadre de projets communs.

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