Strasbourg, 17/05/2000 (Agence Europe) - Invité à s'exprimer devant le Parlement européen, le président Slovène Milan Kucan s'est livré à un plaidoyer pour la globalisation de la politique et des valeurs démocratiques. Cette globalisation porterait sur les valeurs communes: démocratie, droits individuels et collectifs, dialogue entre les cultures, religions et civilisations, lutte contre le nationalisme et la xénophobie...". Ce serait pour le président slovène la base d'une Union européenne nécessairement "élargie à tous les pays européens": la "première Europe" qu'est l'Union européenne; la seconde qui est celle des pays candidats dans les "salles d'attente de première et deuxième classe"; la troisième celle des pays des Balkans de l'Est et du Sud-Est, qui "n'ont pas encore atteint l'antichambre"; la quatrième étant celle des pays qui, comme la Serbie, refusent l'Europe. A l'heure où l'économie, les marchés et les technologies de l'information sont globalisés, cette "globalisation" de la politique permettrait "d'établir une cohésion sociale qui viendrait contrebalancer les effets de la globalisation du capital" et permettrait d'éviter que les anciennes divisions de la guerre froide ne soient remplacées par des divisions "culturelles, religieuses et sociales". Pour le président slovène, aucun pays européen ne devrait pouvoir se cacher derrière "les principes de souveraineté ou de non-ingérence" pour violer les droits de l'homme.
Pour autant, Milan Kucan ne s'est pas prononcé pour une Fédération européenne. Il n'a employé qu'une fois le mot "intégration" dans son discours, lui préférant celui de "coexistence". Dans son discours, comme devant la presse, il a ainsi insisté sur la nécessité de préserver les spécificités de chaque Etat membre.
Milan Kucan a par ailleurs rappelé que la Slovénie "sera prête à adhérer à l'UE en 2002". Il s'est plaint de ce que l'adhésion à l'UE ressemble de plus en plus à une "cible mouvante", en raison des doutes et des attitudes changeantes de certains Etats membres. Nous avons besoin, a-t-il dit, "de clarté et de transparence (… ) Retarder l'élargissement signifierait que l'Europe n'a pas encore enterré le passé, (...) qu'elle renonce à son influence et sa présence dans le monde". Le président slovène a aussi dénoncé "la tendance" de certains pays" à tenter de transformer "en demande de l'UE" leurs demandes propres de "restitution des biens qui avaient été pris comme sanction" à la fin de la deuxième guerre mondiale, demandes qui devraient être réglées bilatéralement. Il a souhaité que "l'élargissement ne soit pas ralenti par des demandes bilatérales".