Bruxelles, 05/05/2000 (Agence Europe) - Les indicateurs environnementaux révélateurs de l'état le plus récent de l'environnement en Europe viennent d'être publiés par l'Agence européenne de l'environnement (AEE) dans son rapport intitulé "Environmental signals 2000". Ils sont, pour certains, alarmants et mettent en évidence la nécessité croissante d'accélérer le processus d'intégration des préoccupations environnementales dans toutes les politiques sectorielles pour garantir que les politiques économiques et sociales contribuent à l'obtention d'un environnement propre et sain plutôt qu'à sa détérioration. Le rapport révèle en effet que si quelques progrès ont été réalisés, en particulier grâce à la politique communautaire de l'environnement (la pollution par le dioxyde de soufre, notamment, a été réduite de 60% depuis 1980), l'Europe est loin d'avancer suffisamment et assez vite dans cette voie. L'utilisation des transports, par exemple, est en croissance constante, en dépit de ses effets nocifs sur la santé, la nature et le réchauffement global de la planète (dans l'Union, les émissions de gaz à effet de serre devraient augmenter de 6% entre 1990 et 2010 au lieu d'enregistrer une réduction de 8% comme le prescrit le protocole de Kyoto sur les changements climatiques). La consommation d'énergie (+13% entre 1985 et 1997), la production de déchets et l'utilisation de pesticides dans l'agriculture, elles aussi, affichent une nette tendance à la hausse.
Caroline Jackson, présidente de la commission de l'environnement du Parlement et Margot Wallström, commissaire européen à l'environnement, se sont félicitées à l'unisson de la publication de ce rapport jugé très utile. "En tant que décideurs politiques, nous devons prendre nos décisions sur la base de données fiables et à jour sur l'état de l'environnement au sein de l'Union et des pays candidats. Nous avons aussi besoin de savoir si les mesures que nous avons prises jusqu'à présent ont produit les résultats escomptés. Les signaux environnementaux nous offriront l'opportunité de réagir avant que le choses ne s'aggravent clairement", a souligné Mme Jackson.
Inquiète d'apprendre "que les conditions environnementales se détériorent et que les grands secteurs de politique économique ne considèrent pas comme urgent d'adopter les actions qui s'imposent pour y remédier", Margot Wallström a, pour sa part, déclaré: "le rapport nous montre que la politique environnementale ne peut pas, à elle seule, pourvoir à cette nécessité. Si l'on n'inverse pas les tendances dans les secteurs comme les transports et l'énergie, nous n'atteindrons pas nos objectifs environnementaux".
Organisé en chapitres consacrés successivement aux différents secteurs d'activité (énergie, transport, agriculture et industrie) et aux grands problèmes environnementaux (changements climatiques, destruction de la couche d'ozone, pollution de l'air, déchets, quantité d'eau, eutrophisation, zones humides, taxes environnementales), ce rapport sur les indicateurs environnementaux est le premier d'une série. L'AEE en publiera un chaque année à l'intention des décideurs politiques en Europe pour mettre en lumière les progrès réalisés dans les différents domaines d'intervention des politiques environnementales, tant pour ce qui concerne la mise en oeuvre de ces politiques que leur intégration dans d'autres politiques. Ces rapports d'étape fourniront des indications pour guider la politique communautaire de l'environnement, le temps que paraisse le rapport global sur l'état de l'environnement en Europe, publié tous les cinq ans par l'AEE.