Bruxelles, 10/03/2000 (Agence Europe) - Lors d'une rencontre avec la presse, le Vert belge Pierre Jonckheer a dressé son bilan des six premiers mois de fonctionnement de la commission économique et monétaire du Parlement européen depuis les dernières élections européennes. Evoquant notamment le résultat du vote, la semaine dernière, sur le rapport Katiforis (voir EUROPE du 3 mars, p. 13), M. Jonckheer a déploré "la domination" imposée par les groupes PPE/DE et ELDR au sein de cette commission parlementaire. Il a dit qu'il continuera à se battre pour le développement d'une politique des aides d'Etat orientée vers des objectifs écologiques et l'établissement d'un lien entre l'achèvement du marché financier et l'harmonisation fiscale, et a aussi apporté son soutien au Commissaire Monti pour la fermeté avec laquelle il entend examiner les régimes spécifiques d'aides fiscales dans les Etats membres.
Rappelant que le Conseil Affaires sociales ne pèse pas lourd face au Conseil Ecofin, M. Jonckheer a reconnu la nécessité de parvenir, comme l'ont proposé MM. Blair et Verhofstadt, à un unique document annuel sur la stratégie de l'UE dans les domaines économique, social et de l'emploi et, à cette fin, il a plaidé pour la création d'un Conseil conjoint Social-Ecofin. Selon lui, par ailleurs, la Conférence intergouvernementale devrait unifier les trois procédures qui figurent actuellement dans le Traité pour la définition des orientations stratégiques et des politiques dans ces trois secteurs. M. Jonckheer préconise aussi l'instauration d'un Conseil "Développement durable" et l'attribution d'une compétence explicite à l'UE en matière d'énergie.
M. Jonckheer juge intéressante la démarche qui a conduit à la convocation du Sommet de Lisbonne et la volonté de contribuer au développement de la société de l'information, mais estime toutefois qu'il faudrait avant tout viser la cohésion sociale et privilégier la modernisation des administrations et des services publics tout en répondant aux besoins des ménages. L'aide aux entreprises ne lui paraît pas indispensable dans la mesure où celles-ci peuvent attendre des bénéfices de l'investissement dans les nouvelles technologies. Evoquant la préparation du Sommet et la multiplicité des documents présentés, il a dit qu'il faut "laisser décanter" tout ça et voir ce qui va en sortir.