Bruxelles, 10/03/2000 (Agence Europe) - Dans la foulée des contributions au Sommet extraordinaire de Lisbonne, la Confédération européenne des syndicats indépendants (CESI) a apporté son soutien au document de la Présidence portugaise particulièrement en ce qui concerne les relations entre l'emploi, l'économie et la cohésion sociale. La CESI attire toutefois l'attention sur les points suivants:
1) le document n'est pas assez explicite sur les principes du modèle social européen et de l'économie sociale de marché: selon la CESI, la reconnaissance des droits des salariés et la protection sociale sont des conditions sine qua non de la réussite économique de l'UE et constituent la base du modèle social européen;
2) à propos de la politique de l'éducation, la CESI déplore l'absence de références au renforcement de l'image et de la position des enseignants et des formateurs en Europe: toute amélioration du niveau d'éducation ne peut être couronnée de succès que si les responsables de l'éducation sont soutenus et aidés;
3) au chapitre de l'emploi, la CESI se prononce en faveur du dialogue macro-économique, processus essentiel d'information et d'accords réciproques. Selon la CESI, une politique du "marché de l'emploi" ne peut pas atteindre à elle seule le plein emploi. Il convient aussi "d'exhorter expressément les Etats membres à diminuer enfin la charge des impôts et des taxes, à réduire les déficits budgétaires et à s'opposer au détricotage des systèmes de protection sociale.
La CESI doute par ailleurs que la flexibilisation du temps de travail sur base concertée et volontaire conduise de manière générale à la création de nouveaux emplois. Elle demande des enquêtes dans les Etats membres afin d'obtenir une évaluation claire et réaliste des effets de ces différentes formes de flexibilisation;
4) selon la CESI, "les systèmes de protection sociale ne représentent pas seulement une charge économique mais sont un élément productif qui, en garantissant la paix sociale, contribue au bon fonctionnement de l'économie globale (…) les réglementations relatives aux pré-pensions ne peuvent être abusivement utilisées en vue de réduire l'effectif". Ce qu'il faut, "c'est avant tout de permettre à un plus grand nombre de travailleurs âgés, qui souhaitent continuer à travailler, de pouvoir le faire. Un taux d'emploi élevé reste la condition la plus sûre pour assurer le financement des systèmes de protection sociale, car "le nombre de personnes qui versent des cotisations est élevé et le nombre d'assistés diminue".