Bruxelles, 24/02/2000 (Agence Europe) - A l'issue de l'audition parlementaire sur la protection de la vie privée et en particulier sur l'affaire Echelon (voir les pp. 12/13 de ce bulletin), la présidente du Parlement européen Nicole Fontaine a fait la déclaration suivante: "L'audition a permis une actualisation des informations et a confirmé la gravité du problème. On peut être légitimement scandalisé que cet espionnage, qui a lieu depuis plusieurs années, n'ait pas donné lieu à des protestations officielles. Pour l'Union européenne, les intérêts en jeu sont essentiels. D'une part, il semble établi qu'il y a eu violation des droits fondamentaux de ses citoyens, d'autre part l'espionnage économique a pu avoir des conséquences désastreuses, par exemple sur l'emploi.
Maintenant, il appartient aux groupes politiques de décider de la suite à donner aux révélations de l'audition. Le Conseil et la Commission doivent pourvoir s'exprimer sur les allégations avancées au cours de l'audition. En outre, il faudra vérifier quelle est l'éventuelle responsabilité d'Etats membres de l'UE et d'Etats tiers, et également discuter des moyens pour contrer le développement d'un tel phénomène dans le but de mieux protéger la vie privée des citoyens et les entreprises de l'UE."
A l'occasion de sa visite de mercredi à la Commission européenne, le Premier ministre britannique Tony Blair a déclaré aux journalistes: "ces affaires sont régies par des règles extrêmement strictes, et ces règles ont toujours été appliquées". A l'occasion de sa rencontre de ce jeudi avec le président de la Commission, le Premier ministre italien Massimo d'Alema a déclaré: " nous sommes évidemment intéressés à connaître en détail toutes les responsabilités. Pour le moment, il faut comprendre ce qui est effectivement arrivé. Mais il est évident qu'un système de contrôle et d'espionnage comme celui qui a été discuté ces derniers jours au Parlement n'est pas compatible avec les règles normales de coexistence entre Etats."
A Paris, la ministre de la justice Elisabeth Guigou a constaté que le système avait été détourné à des fins d'espionnage économique et de surveillance des concurrents, et le président de la commission parlementaire de la défense à l'Assemblée nationale, M. Paul Quilès, a annoncé la création d'une commission d'enquête.