Bruxelles, 11/02/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne a mis en garde l'Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) sur le fait qu'un accroissement supplémentaire des prix de pétrole, et même le maintien des prix au niveau élevé actuel, pourrait avoir un impact négatif sur la croissance économique mondiale en raison des pressions inflationnistes qui en résulteraient. Au cours des douze derniers mois, les prix du pétrole brut ont augmenté de 150%, dépassant toutes les prévisions des experts. Au début de la semaine dernière, le prix du baril de pétrole a même dépassé 28 dollars (1 baril = 159 litres).
Le 27 mars prochain, les pays membres de l'OPEP se réuniront pour décider du maintien ou non des quotas de production actuels. Cette réunion sera extrêmement importante, souligne la Commission.
"Si le niveau actuel des prix de pétrole devait se prolonger, la croissance économique mondiale pourrait en être affectée par le biais des pressions inflationnistes qui sont susceptibles d'en découler", affirme la Commission dans une note datée du 9 février. "Les premiers pays à en souffrir seraient les pays importateurs en voie de développement pour lesquels la consommation pétrolière constitue le passage obligé de leur développement économique", souligne la Commission. "Si l'on peut comprendre le souci légitime des pays producteurs de s'assurer un revenu équitable leur permettant de poursuivre leur politique de diversification économique, il convient également de veiller à préserver les perspectives de croissance et de développement de l'ensemble des pays consommateurs".
Jusqu'ici, les conséquences de la hausse du prix du pétrole sur l'évolution déconomique de l'Union européenne ont été "remarquablement limitées", précise la Commission, "notamment en comparaison avec les chocs pétroliers précédents au cours des 25 dernières années". Ce bon résultat peut être attribué, entre autres, à la politique volontariste menée par l'UE au cours des deux dernières décennies visant à réduire la dépendance à l'égard du pétrole. "Cela ne signifie pas qu'il faille relâcher l'effort", insiste la Commission, car "réduire davantage la dépendance de ce secteur à l'égard du pétrole constitue une nécessité écologique et un défi technologique auxquels l'UE n'a pas l'intention de se soustraire".