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Bulletin Quotidien Europe N° 13910
SÉCURITÉ - DÉFENSE / DÉfense

La Moldavie veut s’intégrer davantage dans la défense européenne

Le ministre des Affaires étrangères moldave, Mihai Popsoi, a expliqué, mercredi 15 juillet, que son pays voulait s’intégrer davantage dans la défense européenne.

S’il a rappelé que son pays était neutre et que « la coopération militaire est un sujet délicat », le ministre a expliqué aux députés européens de la commission ‘Sécurité et défense’ que le sujet était « de moins en moins tabou, car nous comprenons que neutralité ne rime pas avec impuissance. Elle n'implique pas de se laisser faire et d'être incapable de résister à une agression ».

« C'est pourquoi nous recherchons activement des partenariats afin d'intégrer la Moldavie dans les chaînes logistiques européennes de l'industrie militaire », a souligné Mihai Popsoi, expliquant que son pays voulait faire partie des chaînes logistiques et de production militaires européennes. « Nous n'allons pas construire de F-16 ou d'appareils de ce type dans un avenir proche, mais tout élément qui permettrait à la Moldavie de figurer sur la carte de ces chaînes logistiques militaires européennes est important et parfaitement conforme à notre statut de neutralité », a-t-il ajouté.

Le ministre, dont le pays a un partenariat de sécurité et de défense avec l’UE, s’est aussi dit impatient de participer aux programmes de défense, tels que SAFE ou EDIP.

Le ministre est aussi revenu sur la nouvelle aide de la 'Facilité européenne pour la Paix' de 120 millions d’euros en faveur de la défense aérienne de son pays, adoptée lundi 13 juillet par le Conseil de l’UE (EUROPE 13908/11). Soulignant que son pays possédait déjà des radars, Mihai Popsoi a expliqué qu’il lui fallait des intercepteurs. « C'est coûteux, mais nous nous sommes engagés à investir davantage dans la défense », a-t-il expliqué, tout en reconnaissant que les 3,5% mis en avant par l’OTAN - dont le pays n’est pas membre -, seraient « déjà un effort considérable » alors qu’il a jusqu’à présent « dangereusement sous-investi » dans la défense.

Le ministre a rappelé qu'il « faudra du temps pour acquérir les intercepteurs, car il n'existe pas de systèmes de défense aérienne disponibles immédiatement ». « Mais il est important de nous préparer dès maintenant afin de pouvoir garantir à nos citoyens, le moment venu, le contrôle et la défense de notre espace aérien, élément fondamental de la souveraineté nationale », a-t-il ajouté.

Enfin, le ministre a rappelé le soutien que l’UE a apporté à la Moldavie, notamment avec sa mission de partenariat, pour lutter contre les menaces hybrides. « Nous avons réalisé des progrès considérables en matière de cyberdéfense. Nous avons également accompli des progrès significatifs pour résister aux opérations hybrides russes et les contrer, et nous avons tiré des enseignements précieux ainsi qu'une résilience accrue », a expliqué le ministre.

Grâce au soutien européen, « la Moldavie peut désormais non seulement réagir aux opérations hybrides russes, mais aussi surveiller et observer en temps quasi réel la mise en place et la diffusion de certaines propagandes », selon lui.

Mihai Popsoi s'est dit impatient de partager les leçons apprises. « Nous avons d'ailleurs activement partagé ces enseignements avec nos amis arméniens et nous sommes très heureux qu'ils aient réussi à échapper au pire (lors des élections législatives), mais le travail se poursuit », a-t-il ajouté. (Camille-Cerise Gessant)

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