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Bulletin Quotidien Europe N° 13910
Sommaire Publication complète Par article 13 / 36
POLITIQUES SECTORIELLES / NumÉrique

Les experts préconisent de renforcer l'accès de l'UE à l'IA de pointe et de tripler ses capacités de calcul

Les experts en intelligence artificielle réunis par le Bureau de l’IA de la Commission européenne affichent des points de vue divergents quant à la mesure dans laquelle « l’Europe doit développer sa propre pile technologique de pointe » (EUROPE 13880/1). Certains plaident en faveur de capacités européennes sur l’ensemble de la chaîne de valeur, estimant que compétitivité et souveraineté se renforcent mutuellement, tandis que d’autres mettent en garde contre l’idée selon laquelle il serait nécessaire de développer des alternatives nationales pour chaque technologie.

Considérant le potentiel de l’IA de pointe pour transformer en profondeur l’économie, la sécurité et la société européennes, les experts considèrent que l’Union européenne doit « renforcer sa capacité souveraine à accéder à tout modèle d’IA de pointe, à le choisir, à le contrôler et à en tirer parti », notamment à la lumière des récentes restrictions imposées par les États-Unis concernant l’accès aux modèles d’IA avancés d’Anthropic, Mythos et Fable (EUROPE 13900/36). 

Ils suggèrent que l’UE vise à héberger une part des capacités mondiales de calcul proportionnelle à sa part de 15% du PIB mondial, contre une part actuellement estimée à seulement 5%, tout en rappelant que le passage à l’échelle des modèles d’IA de pointe soulève d’importants défis environnementaux et de sécurité ainsi que des arbitrages potentiels qui doivent être pris en compte dès le départ.

La coopération avec des partenaires de confiance comme le Royaume-Uni, le Canada, le Japon, la République de Corée, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Inde a également été identifiée comme une opportunité stratégique pour renforcer à la fois les capacités et le pouvoir de négociation de l’Union, y compris l’accès aux capacités de calcul entre pays.

Les experts ont identifié quatre principaux obstacles à l’attractivité de l’UE pour les investissements dans l’IA. Ils soulignent en premier lieu les infrastructures de calcul et l’énergie nécessaire à leur fonctionnement - une priorité urgente pour les deux prochaines années -, ainsi que les contraintes financières, notamment le manque de capitaux pour les entreprises en phase de croissance et la nécessité d’une plus grande sécurité juridique en matière de droit d’auteur et de protection des données, des éléments jugés déterminants pour permettre l’entraînement des modèles d’IA au sein de l’Union.

La Commission va désormais regrouper les différentes recommandations en fonction de leur priorité stratégique et travailler à leur mise en œuvre. (Ana Pisonero Hernández)

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