La proposition d'une 'Facilité européenne pour la souveraineté' ('European Sovereign Facility' ou ESF), qui permettrait à la Commission européenne d'émettre une partie de la dette des États membres de l'Union européenne (EUROPE 13905/27), sera discutée dans les mois à venir, « d'abord au niveau des adjoints », a affirmé le président de l'Eurogroupe, Kyriákos Pierrakákis, jeudi 9 juillet, à l'issue de la réunion des ministres des Finances.
« Nous avons historiquement eu des divergences de vues autour de la table. Cela étant, c’est un débat qui mérite d’avoir lieu », a déclaré M. Pierrakákis. « Nous partageons tous, indépendamment de nos points d’accord ou de désaccord, la conviction qu’il faut avancer rapidement. Dans cet esprit, nous sommes pleinement engagés : nous examinons toutes les options, nous discutons de toutes les idées et nous cherchons à parvenir à un consensus chaque fois que cela est possible », a-t-il poursuivi.
Madrid a lancé une initiative sur base volontaire, mais estime nécessaire de pouvoir compter sur la participation « des grands émetteurs », a indiqué jeudi le ministre espagnol de l'Économie, Carlos Cuerpo.
« Nous sommes convaincus que les bénéfices de cette réduction de la fragmentation et de cette meilleure intégration seront compris par les États membres. Ce débat n'a plus rien à voir avec celui d'il y a dix ans sur les 'euro-obligations' : il s'agit aujourd'hui d'améliorer l'efficacité des émissions de dette et de franchir une nouvelle étape dans la réduction de la fragmentation des marchés », a-t-il souligné.
Du côté de la Commission européenne, le commissaire à l'Économie, Valdis Dombrovskis, a rappelé jeudi soir que « plusieurs programmes reposeraient sur de nouvelles émissions de dette afin de financer des prêts destinés tant aux États membres de l'UE qu'aux pays partenaires » dans la proposition de budget à long terme de l'UE de la Commission. Cette dernière « reste ouverte à une discussion plus large sur les actifs sûrs européens », a déclaré M. Dombrovskis. (Bernard Denuit)