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Bulletin Quotidien Europe N° 13892
CONSEIL EUROPÉEN / Migration

Une coalition de 19 États membres demande d'accélérer l'externalisation de la gestion migratoire

À l'occasion de la deuxième journée du Sommet européen, vendredi 19 juin, une coalition de 19 chefs d'État et de gouvernement européens, menée par les Premières ministres danoise, Mette Frederiksen, et italienne, Giorgia Meloni, a demandé d'accélérer l’externalisation de la gestion des flux migratoires, dans une lettre commune adressée à António Costa, président du Conseil européen, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et aux autres chefs d'État ou de gouvernement.

Les signataires appellent à une refonte pragmatique de la politique migratoire commune, rejetant le « statu quo » actuel, qu'ils jugent inacceptable au regard des profits générés par les réseaux de passeurs et « l'instrumentalisation de la migration ».

Saluant les récents jalons législatifs conclus ce mois-ci au niveau européen - en particulier l’adoption par le Parlement européen du règlement ‘Retours’, qui prévoit la création de 'centres de retour' dans des pays tiers (EUROPE 13890/13) -, ils estiment qu'un consensus s'est dégagé en faveur d'une approche à la fois « ferme et équitable ».

Pour eux, l'objectif est désormais d'obtenir « des résultats concrets » en développant rapidement ces solutions dites « innovantes ». La lettre cite en exemple la coopération existante entre l'Italie et l'Albanie, tout en indiquant que certains États s'activent déjà à concrétiser la création des centres hors de l'UE.

C’est notamment le cas du groupe de travail déjà formé en janvier - l’Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Grèce et les Pays-Bas - auquel s’est récemment jointe la Suède. Lors du Conseil ‘Justice et Affaires intérieures’ à Luxembourg, au début du mois, le ministre autrichien de l’Intérieur, Gerhard Karner, avait exprimé l'ambition de ces pays d’aboutir à un projet de partenariat « d'ici la fin de l'année » (EUROPE 13881/3). Une perspective soutenue en conférence de presse par le Premier ministre belge, Bart De Wever, bien qu'il se soit dit « plus réaliste » sur le calendrier.

La coalition encourage donc les États membres volontaires à poursuivre ces démarches et invite la Commission européenne à les soutenir financièrement. Elle sollicite également la coopération active du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et de l'Organisation internationale pour la migration.

L'Espagne encore isolée. Par ailleurs, la décision récente du gouvernement espagnol de régulariser massivement les migrants sans-papiers a de nouveau été attaquée, vendredi 19 juin, par plusieurs dirigeants européens. « De nombreux pays sont très inquiets », a relevé Ulf Kristersson, Premier ministre suédois. « Alors que nous faisons tout pour réduire l’immigration irrégulière et que nous travaillons à faire en sorte que les personnes déboutées repartent effectivement, [l'Espagne] fait exactement l’inverse », a-t-il déploré.

Des critiques qui n'ont pas fait fléchir Madrid. Estimant que la nouvelle législation sur les retours « n’apportera aucune solution », le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a soutenu qu'elle ne fera « que gaspiller les ressources économiques ». « Ce règlement envoie, à mon sens, un message erroné aux pays d’origine et de transit avec lesquels nous devons, au contraire, collaborer, coopérer et faire preuve d’empathie », a-t-il soutenu, « car ces pays sont eux aussi confrontés à l’immigration clandestine et ont besoin de cette coopération de la part de l’Europe ».

Dans ses conclusions, le Conseil européen a annoncé qu'un « dialogue stratégique sur la migration » aura lieu lors du prochain sommet, en octobre.

La lettre des États membres : https://aeur.eu/f/mgt (Justine Manaud avec la rédaction)

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