Le groupe de réflexion Bruegel a publié une analyse sur les risques associés à l'utilisation des crédits carbone internationaux, jeudi 18 juin.
Selon lui, la qualité des crédits carbone internationaux, telle qu'introduite par l'article 6 de l'Accord de Paris, n'est pas garantie puisqu'elle « incombe directement aux acheteurs et aux vendeurs, sans surveillance indépendante ». Par ailleurs, ils ne permettent pas de remplir leur fonction première, c'est-à-dire la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en raison de problématiques méthodologiques, notamment de mesure. Enfin, l'intégrité environnementale et l'efficacité des garanties y afférentes restent à prouver, selon Bruegel.
Risque associé à l'utilisation de crédits carbone pour atteindre les objectifs climatiques. La question des crédits carbone internationaux a fait son apparition dans l'arsenal législatif de l'Union européenne l'an dernier. En effet, lors de l'amendement de la loi climat pour y introduire un objectif de 90% de réduction des émissions d'ici 2040 (par rapport à 1990), une contribution de 5% de crédits internationaux pour y parvenir a été introduite, contre 85% de réduction domestique (EUROPE 13770/1).
« Si elle n'est pas surveillée attentivement, l'introduction de crédits internationaux par l'UE risque d'augmenter les émissions mondiales de dioxyde de carbone », souligne Bruegel. « Les risques d'intégrité au niveau systémique et de projet peuvent saper les avantages climatiques des crédits internationaux », conclut le groupe de réflexion.
Lire l'analyse : https://aeur.eu/f/mgv (Nadège Delépine)