Le président du Conseil européen, António Costa, a justifié, vendredi 19 juin, la prise de contact de son cabinet avec le Kremlin. Plusieurs États membres auraient été mécontents d’avoir été informés de cette prise de contact a posteriori.
« Mon rôle, par l’intermédiaire de mon bureau, est d’établir un canal diplomatique », a souligné M. Costa. « Nous ne pouvons pas nous fier uniquement à l'interprétation des messages de la Russie et nous devons pouvoir transmettre directement à la Russie nos propres messages », a-t-il expliqué.
Le Président du Conseil européen a précisé que les contacts n’avaient pas pour objectif de négocier. « Nous avons constaté ensemble que le moment n’est pas encore venu de lancer de véritables négociations », a confirmé le Premier ministre finlandais, Petteri Orpo.
Mais, « tôt ou tard, la Russie devra s'asseoir à la table des négociations. (...) Le moment venu, nous aurons besoin d'un message européen unitaire à adresser au président Poutine », a expliqué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Mais, selon le Premier ministre letton, Andris Kulbergs, il n'y a « aucun intérêt à avoir des canaux diplomatiques, s'il n'y a aucune raison d'entamer des pourparlers ».
Alors que l’E3 (l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni) a également pris des contacts avec la Russie, le président du Conseil européen a expliqué qu’il n’y avait « ni contradiction ni concurrence entre les différents acteurs ». Et d'ajouter : « Ils sont complémentaires ».
Selon M. Costa, la coalition des Volontaires et leurs dirigeants devront jouer un rôle concernant les garanties de sécurité et l’UE aura un rôle pour défendre ses intérêts. « Les points relevant des intérêts de l’UE doivent être défendus par les institutions européennes, conformément au traité », a précisé M. Costa. « Le président Costa représente les 27 États membres. Les instruments relatifs, par exemple, à l'énergie, aux avoirs immobilisés, aux sanctions, à l'industrie de la défense et à d'autres domaines, relèvent de la Commission », a rappelé Mme von der Leyen.
Si le chancelier allemand, Friedrich Merz, a estimé qu’il n’était « pas nécessaire de décider » maintenant « qui représentera l'UE ; nous le déciderons au début des négociations », selon le président français, Emmanuel Macron, « l’UE devra être représentée et António Costa aura une place en tant que président du Conseil européen ».
Quel que soit le représentant de l’Union à la table des négociations, plusieurs dirigeants européens ont expliqué, tout comme l’avait fait la Haute Représentante de l’UE (EUROPE 13876/14), qu’ils ne seront pas un médiateur. (Camille-Cerise Gessant)