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Bulletin Quotidien Europe N° 13891
CONSEIL EUROPÉEN / Ukraine

à vingt-sept, les Européens décident de prolonger de 12 mois les sanctions économiques contre la Russie

Les dirigeants européens ont décidé, jeudi 18 juin, de proroger, pour 12 mois, et non plus six comme c’était le cas jusqu’à présent, les sanctions économiques de l’Union européenne à l’encontre de la Russie. Ces sanctions, en vigueur depuis 2024, avaient initialement cours jusqu’au 31 juillet 2026. La prolongation devra encore faire l’objet d’une décision formelle du Conseil.

Dans leurs conclusions sur l’Ukraine qu’ils ont adoptées à vingt-sept pour la première fois depuis mars 2025 (EUROPE 13594/2), les dirigeants européens assurent que l’Union demeure « déterminée » à accroître la pression sur la Russie, notamment en réduisant davantage les revenus énergétiques de Moscou, en limitant les opérations de sa 'flotte fantôme' et en restreignant davantage son système bancaire. Le Conseil européen appelle à l’adoption rapide du 21e train de sanctions (EUROPE 13884/1).

Les conclusions insistent une nouvelle fois sur le soutien « politique, financier, économique, humanitaire, militaire et diplomatique complet à l’Ukraine et à son people ».

S'ils semblent unis sur de nombreux aspects concernant l’Ukraine, les dirigeants sont divisés sur le rythme d’ouverture des chapitres de négociations d’adhésion. Après l’ouverture, lundi 15 juin, du premier groupe ('cluster') de chapitres de négociation après plus de deux ans de blocage hongrois (EUROPE 13889/29), les dirigeants européens précisent attendre « avec intérêt l'ouverture des autres groupes conformément à l'approche fondée sur le mérite ». Mais la phrase « aussi vite que possible », mentionnée dans des projets de conclusions précédents, n’est pas présente dans la version finale.

Le Premier ministre estonien, Kristen Michal, ou le président lituanien, Gitanas Nauseda, ont espéré une ouverture de tous les groupes dès juillet. Le Premier ministre hongrois, Péter Magyar, a indiqué que ce qui préoccupe son pays « et nous ne sommes pas les seuls, c'est que, maintenant, après l'ouverture de ce premier 'cluster', nous évoquions l'ouverture immédiate de tous les autres ».

La reprise de contact avec la Russie fait aussi débat (EUROPE 13876/14), après que le cabinet du président António Costa a noué des contacts diplomatiques avec le Kremlin.

« Le président a demandé à son cabinet d’ouvrir un canal diplomatique avec la Russie. L’objectif était d’être prêt, le moment venu, à défendre les intérêts de l’UE. Il s’agit de contacts superficiels, sans échange de fond ni négociation : des diplomates qui font de la diplomatie », a précisé une source européenne, jeudi 18 juin. Elle a rappelé que le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, avait plaidé pour que l’Europe joue un rôle plus actif dans les efforts diplomatiques. 

Dans les conclusions qu’ils ont adoptées, les dirigeants soulignent que « le Conseil européen soutient les efforts diplomatiques visant à mettre fin à la guerre d’agression menée par la Russie et souligne la volonté de l’UE d’intensifier son engagement dans ce contexte ».

Selon la source européenne, le président António Costa a souligné la nécessité pour les Européens d'être prêts à assumer leur responsabilité, « si et quand les conditions seront réunies pour un dialogue avec la Russie, afin de contribuer à une paix juste et durable, qui garantisse également les intérêts de l'Europe ». Pour cette source, « une chose est claire », ce n'est pas le moment de négocier, en raison de l'attitude de Vladimir Poutine. 

Cette source a prévenu que le plus important était que les Européens se coordonnent sur la position que doit adopter l’UE et la manière d’aborder la Russie.

Mais certains pays, notamment les pays baltes, demeurent réticents à ouvrir les canaux diplomatiques avec la Russie, considérant que Moscou n'est pas prête à négocier une paix avec l'Ukraine.

Pour le président lituanien, Gitanas Nauseda, « il faut maintenir la pression et ne pas laisser Poutine choisir ses interlocuteurs. Les négociations doivent se faire selon les conditions ukrainiennes ».

D'autres dirigeants européens auraient aussi préféré prendre connaissance de l'initiative de M. Costa autrement que par voie médiatique.

À leur arrivée, plusieurs dirigeants se sont prononcés pour la reprise des contacts avec la Russie.

« J’ai été parmi les premiers, pour ne pas dire le premier, à défendre l’idée qu’il était nécessaire d’ouvrir un canal de dialogue entre l’UE et la Russie afin d’impliquer cette dernière dans un processus de négociation avec son adversaire direct, l’Ukraine, avec la participation, voire la médiation, de l’Union », a expliqué le Premier ministre portugais, Luis Monténégro, pour qui cette approche est « beaucoup plus largement partagée, voire proche du consensus ».

« Toute paix commence par le dialogue. L'ouverture de canaux de communication est positive, quel qu'en soit le niveau », a ajouté le chancelier autrichien, Christian Stocker, tout en admettant que « rien ne laisse penser que la Russie, et en particulier le président Vladimir Poutine, souhaite actuellement s'asseoir à la table des négociations ».

Le Premier ministre luxembourgeois, Luc Frieden, a estimé qu’« à un moment donné, oui, nous devons nous asseoir à la table des négociations ». « Nous ne devons pas attendre que d'autres organisent les négociations et demander ensuite à y être invités. Mais avant de parler, nous devons identifier précisément nos positions », a-t-il expliqué.

Voir les conclusions du Conseil européen : https://aeur.eu/f/mft (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)

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