Pour la première fois depuis mars 2025 (EUROPE 13594/2), les dirigeants des pays de l'Union européenne adopteront, jeudi 18 juin, des conclusions du Conseil européen à vingt-sept sur la situation en Ukraine et le soutien politique, militaire et financier que l'UE octroie au pays candidat à l'adhésion depuis qu'il a été agressé militairement par la Russie en février 2022.
Cette évolution est due au départ du Hongrois Viktor Orbán, remplacé par Péter Magyar depuis la victoire de ce dernier aux élections législatives d'avril. Ce sera d'ailleurs le premier Conseil européen auquel assistera M. Magyar.
Le changement de pouvoir en Hongrie a ainsi permis de débloquer le processus d'adhésion de l'Ukraine à l'UE (EUROPE 13889/29), et indirectement celui de la Moldavie, après que Budapest et Kiev ont trouvé un accord sur le respect des droits de la minorité hongroise en Ukraine.
Fin avril, le gouvernement sortant de M. Orbán n'était déjà plus en mesure de bloquer l'adoption du prêt de l'UE à l'Ukraine, doté de 90 milliards d'euros pour 2026 et 2027, ni celle du 20e paquet de sanctions européennes visant la Russie.
« On retrouve une unité à vingt-sept », s'est félicité un diplomate européen, mercredi 17 juin.
Ainsi, dans ses conclusions, le Conseil européen saluera les avancées récentes en faveur de l'Ukraine et il appellera à aller plus loin, notamment en pressant le Conseil de l'UE d'adopter le 21e paquet de sanctions déjà sur la table (EUROPE 13884/1).
En présence du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, avec lequel certains dirigeants européens se sont entretenus lors du sommet des pays du G7 à Évian, les Vingt-sept pourraient réfléchir à la façon d'avancer dans le processus de négociation de l'Ukraine à l'UE, notamment sur le rythme d'ouverture des chapitres de négociation. L'idée de désigner un Envoyé de l'UE pour discuter avec la Russie pourrait aussi être évoquée, alors que, selon Bloomberg, l'entourage du président du Conseil européen, António Costa, aurait mené des discussions exploratoires avec l'entourage du président russe, Vladimir Poutine.
Signe d'une évolution favorable à Kiev, les pays européens et les États-Unis sont parvenus, à Évian, à afficher une unité renouvelée sur l'Ukraine. Dans leur déclaration commune, ils réitèrent leur soutien « indéfectible » au pays candidat dans la défense de sa souveraineté, estimant qu’« une nouvelle dynamique s’est désormais installée » dans la guerre l'opposant à la Russie.
Afin d’accélérer cette dynamique, les dirigeants des pays du G7 conviennent d’« augmenter la fourniture de capacités de défense aérienne (...) ainsi que de capacités à longue portée » et se disent « prêts à envisager d’accorder à l’Ukraine des licences permettant d’accroître sa production militaire ». En outre, ils augmenteront leur pression sur l'économie de guerre russe en renforçant les sanctions, « y compris dans les secteurs du pétrole et du gaz », à la faveur d'une détente espérée des marchés énergétiques internationaux après l'annonce d'un accord entre les États-Unis et l'Iran.
Voir le projet de conclusions : https://aeur.eu/f/mdt
Voir le communiqué du G7 : https://aeur.eu/f/mdx (Mathieu Bion avec la rédaction)