Secouée par des manifestations contre le pouvoir en place et très critiquée pour sa proximité avec la Russie (EUROPE 13771/23), la Serbie risquerait de se voir couper l'accès aux fonds européens, si elle n'entreprend pas une réforme rapide et concrète de l'État de droit.
Le pays, candidat à l'intégration dans l'UE depuis 2014, est sous le feu des critiques européennes pour la dérive autoritaire de son gouvernement, qui ne cesse pourtant d'afficher sa volonté d'adhérer à l'Union (EUROPE 13775/11). Une décision de suspendre les versements des fonds européens pour Belgrade compliquerait encore davantage ce processus.
« Nous sommes de plus en plus préoccupés par la situation en Serbie. Nous évaluons actuellement si le pays remplit toujours les conditions requises pour bénéficier des versements au titre des instruments financiers de l’UE », a déclaré la commissaire européenne chargée de l'élargissement, Marta Kos, à Agence Europe vendredi 10 avril.
La récente loi serbe controversée sur l'indépendance judiciaire a attiré les foudres de la Commission européenne. Ce vote « constitue un sérieux recul dans le processus d'adhésion de la Serbie à l'Union européenne », avait alors déclaré la commissaire.
Celle-ci se montre de plus en plus critique à l'égard de Belgrade et de son Président, Aleksandar Vučić, dont les marques de sympathie envie le régime de Vladimir Poutine irritent de plus en plus les Vingt-sept.
À ce stade, le Monténégro reste le pays le plus proche de l'adhésion à l'Union (EUROPE 13774A30). Mais sans fonds européens, la Serbie risque de se tourner de plus en plus ostensiblement vers Moscou. (Isalia Stieffatre)