Les chefs d'État ou de gouvernement français, italien, allemand, danois, espagnol, grec, néerlandais, britannique et canadien ainsi que les présidents du Conseil européen, António Costa, et de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont salué, mercredi 8 avril, le cessez-le-feu de deux semaines conclu la nuit précédente entre les États-Unis et l’Iran.
Remerciant le Pakistan, les onze dirigeants plaident pour des négociations qui permettent, par la voie diplomatique, « une fin rapide et durable de la guerre dans les jours à venir », dans un communiqué.
Un tel accord sera « crucial » pour protéger la population civile iranienne, garantir la sécurité dans la région et « éviter une grave crise énergétique mondiale ». Et de rappeler que leurs gouvernements sont prêts à « garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz ».
D'après la société française AXSMarine, le trafic dans le détroit d'Ormuz avait repris, mardi, tout en restant encore loin du niveau observé en temps de paix. L'un des éléments du cessez-le-feu provisoire que les États-Unis et l'Iran doivent négocier concerne le passage sécurisé des navires commerciaux, contenant notamment des produits énergétiques. Téhéran s'est dit prêt à garantir cette sécurité « en coopération avec les forces armées iraniennes » et à condition que cessent les frappes aériennes israélo-américaines.
Selon Anna-Kaisa Itkonen, porte-parole à la Commission européenne, l'UE importe des pays du Golfe 8,5% de son gaz GNL, 7% de son pétrole et de ses produits pétroliers ainsi qu'environ 40% de ses carburants pour l'aviation et de son diesel. « On peut s'attendre à ce que cette crise ne soit pas de courte durée », a-t-elle souligné (EUROPE 13843/1).
Le cessez-le-feu demeure très fragile. Mardi, l’Iran a lancé des attaques contre le Koweït et les Émirats arabes unis, ultérieures à l’annonce de la trêve. Et il a fait état d'incursions de drones israéliens sur son territoire.
Interrogé sur l'action diplomatique de l'UE pour concrétiser le cessez-le-feu au Moyen-Orient, le porte-parole du 'Service européen pour l'action extérieure' (SEAE), Anouar El Anouni, a estimé que le déplacement, le jour même en Arabie saoudite, de la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, démontre l'implication européenne dans la recherche d'une solution politique.
Selon Mme Kallas, qui s'est exprimée via le réseau X, le cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l'Iran offre « une occasion indispensable » d'apaiser les tensions, de relancer le trafic maritime et de créer un espace pour la diplomatie en vue d'un accord durable, « car les causes profondes de la guerre restent sans solution ».
D'après M. El Anouni, les priorités de l'UE dans cette guerre au Moyen-Orient sont inchangées : - empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire ; - mettre fin au programme balistique iranien ; - garantir la stabilité et la liberté de navigation dans la région.
Liban. Mardi, la situation s'est encore détériorée au Liban, où l'armée israélienne a intensifié ses frappes aériennes, notamment à Beyrouth, contre l'organisation pro-iranienne Hezbollah.
Le gouvernement israélien ne s'estime en effet pas tenu par l'annonce du cessez-le-feu, une position approuvée par le président américain, Donald Trump. Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé des attaques « barbares » qui ont fait des dizaines de morts et démontrent « le mépris » israélien pour le droit international.
Dans leur déclaration, les onze dirigeants européens appellent pourtant « toutes les parties à mettre en œuvre le cessez-le-feu, y compris au Liban ».
Si Israël a le droit de se défendre contre les attaques du Hezbollah, sa réponse militaire a été « excessive », a estimé M. El Anouni, appelant au respect de l'intégrité territoriale du Liban et au respect du mandat de la mission onusienne UNIFIL. (Mathieu Bion)