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Bulletin Quotidien Europe N° 13841
POLITIQUES SECTORIELLES / NumÉrique

La Commission européenne et Washington vont lancer un dialogue pour renforcer la coopération dans le domaine des technologies et des marchés numériques

Face aux États-Unis, la Commission européenne choisit encore la voie du dialogue. L'institution a annoncé, mercredi 1er avril, être en « pourparlers » avec Washington « afin de mettre en place un dialogue visant à renforcer la coopération dans le domaine des technologies et des marchés numériques ».

Une annonce qui intervient alors que les dissensions entre les deux parties sur la régulation du secteur numérique sont toujours aussi vives et que plusieurs géants du secteur ont contesté devant la Cour de justice de l'UE les frais de gestions réclamés par le règlement sur les services numériques, auxquels elles sont soumises. 

X, première plateforme à se voir infliger une amende en vertu du règlement sur les services numériques (DSA), a également contesté celle-ci (EUROPE 13813/10).

Lors d’un point presse à l’occasion de sa tournée dans l’UE, le sous-secrétaire d’État américain aux Affaires économiques, Jacob Helberg, a critiqué la surrèglementation de l’intelligence artificielle dans l’UE ainsi que le règlement sur les marchés numériques (DMA) et ses « problèmes persistants ». C'est « l’un des principaux obstacles à un partenariat économique transatlantique fort et dynamique », a même estimé le représentant.

Du côté de la Commission européenne, on estime que ces pourparlers devront permettre de « dissiper les malentendus et de promouvoir la coopération » avec les États-Unis, tout en restant ferme. « Nous avons toutefois toujours clairement indiqué que notre législation n'était pas négociable. Cela reste absolument inchangé », a ainsi déclaré un porte-parole de l'institution.

Washington fustige le « défaitisme » européen. M. Helberg, de son côté, a critiqué, une certaine « fatalité » et un certain défaitisme de la part de l’UE quant à la révolution de l’intelligence artificielle (IA), moteur de croissance économique, les Vingt-sept se complaisant, selon lui, dans une croissance molle, incapables de prendre le virage demandé par Mario Draghi dans son rapport sur la compétitivité européenne.

Le responsable américain, qui a discuté mercredi avec la Commission européenne et se rendra notamment aux Pays-Bas le 2 avril pour rencontrer les dirigeants de la puissante firme ASML qui fabrique des semi-conducteurs, a à nouveau critiqué la surrèglementation européenne, notamment de l’IA. « C'est très préoccupant, car nous pensons que l'IA est l'une des révolutions économiques les plus transformatrices depuis la révolution industrielle. Or, l'effet étouffant du règlement sur l'IA sur le développement de l'IA en Europe signifie que l'Europe risque de passer à côté de cette révolution, ce qui pourrait avoir des répercussions importantes au niveau macroéconomique et sur le positionnement de l'Europe parmi les nations du monde », a-t-il insisté.

Jacob Helberg a notamment estimé que l’UE se comporte comme si « une croissance nulle dans un monde qui croît à 3% était simplement une fatalité pour l'Europe et qu'il fallait la gérer plutôt que la combattre. Cette indifférence, nous la percevons comme un défaitisme latent, une attente constamment revue à la baisse, et c'est ce qui m'inquiète le plus. Non pas la stagnation en elle-même, aussi pénible soit-elle, mais l'acceptation qu'on en fait ». (Isalia Stieffatre et Solenn Paulic)

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