Lors d'une réunion de la commission de l'environnement du Parlement européen, lundi 16 mars, Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission européenne pour la Transition propre, juste et compétitive, a défendu le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (ETS), soulignant son rôle positif pour la transition énergétique et la compétitivité industrielle.
« L’ETS n’est pas une mauvaise chose. Au contraire, il a stimulé l’investissement et la décarbonation tout en générant des ressources pouvant être réinvesties pour soutenir une transition juste. Il permet aux industriels, selon le choix de chaque État membre, de couvrir le coût de l’électricité ou d’investir dans la décarbonation de la production industrielle. En parallèle, il facilite la décarbonation rapide des systèmes électriques et s’est révélé très efficace », a-t-elle déclaré en réponse à des questions, notamment de Mohammed Chahim (S&D, néerlandais) et d'Emma Wiesner (Renew Europe, suédoise), qui s'inquiètent des demandes de révision de ce système ETS.
Mme Ribera a ajouté que le système ETS bénéficie d’un « large soutien et d’une appréciation positive » à travers l’Europe et reste l’objectif principal de la Commission. Elle a rappelé qu’une évaluation du système est prévue en 2026, qui pourrait proposer des améliorations ou des ajustements dans son application, mais « le but principal reste inchangé », a affirmé la vice-présidente. Elle a insisté sur l’importance de rester ouvert aux débats fondés sur des données et les points de vue de différents acteurs. « Il est crucial de continuer à garantir que l’ETS demeure en place pour les vingt prochaines années de manière efficace et équitable afin de répondre aux défis à venir », a conclu Mme Ribera.
Débat au Conseil. La France a indiqué lundi vouloir assouplir le système ETS, actuellement au cœur d’un vif débat entre États membres. « Il faut absolument maintenir l’intégrité de l’ETS tout en l’adaptant pour qu’il reste compatible avec les capacités de décarbonation de nos entreprises », a expliqué l’entourage de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, à la veille d’une réunion du Conseil 'Environnement'.
En parallèle, l’Italie a réclamé la suspension du système pour limiter les factures d’électricité, en attendant sa réforme. Mais plusieurs pays (le Danemark, l'Espagne, la Finlande, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovénie et la Suède) défendent le mécanisme et estiment qu’une suspension serait « un recul très inquiétant ». (Lionel Changeur)