À son arrivée au Conseil 'Énergie', lundi 16 mars, le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, qui s'est entretenu avec la partie ukrainienne, a assuré que le pays travaillait « d'arrache-pied pour réparer » l'oléoduc Druzhba, endommagé par une attaque russe.
Depuis cet incident, l'acheminement de pétrole russe vers la Hongrie et la Slovaquie - qui bénéficient d'une dérogation aux sanctions de l'UE - est entravé.
Comme l'a rappelé M. Jørgensen plus tard dans la journée, lors d’un 'point divers' du Conseil sectoriel, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également demandé au président ukrainien, Volodymyr Zelensky, de fixer un calendrier pour la réparation de l’oléoduc. En outre, l'institution a offert un soutien financier pour ces travaux, qui pourraient prendre jusqu'à six semaines, selon l'Ukraine.
En attendant, « la restriction de telles infrastructures accroît notre vulnérabilité en période de pénurie mondiale de pétrole », a déclaré le secrétaire d' État hongrois, Attila Steiner.
L’enjeu est de taille, puisque la Hongrie et la Slovaquie conditionnent leur soutien au prêt à l’Ukraine de 90 milliards d'euros à une reprise des importations via cet oléoduc.
Une situation qui s’apparente à du « chantage », a regretté M. Zelensky, dimanche 15 mars, dans des propos relayés par l'AFP.
Jeudi 12 mars, la Commission européenne a annoncé avoir officiellement proposé à l'Ukraine l'envoi d'une mission technique en vue d'inspecter la partie de l'oléoduc Druzhba endommagée (EUROPE 13827/3). À son arrivée au Conseil, le ministre tchèque Karel Havlíček a salué cette initiative, expliquant que son pays se tenait « prêt à jouer un rôle de premier plan dans cette initiative ».
Néanmoins, l’urgence d’une réparation s’inscrit à l’encontre de la stratégie globale 'REPowerEU' visant à se défaire de toutes les importations de combustibles fossiles russes d’ici fin 2027, y compris du pétrole russe. En plus des sanctions, la Commission compte présenter, le 15 avril prochain, un règlement, négocié à la majorité qualifiée, pour une interdiction définitive des importations de pétrole russe, après avoir fait de même pour le gaz (EUROPE 13799/20).
En réponse aux craintes concernant la sécurité d'approvisionnement, le ministre croate, Ante Šušnjar, a rappelé que son pays était disposé à soutenir la Hongrie et la Slovaquie « en exploitant pleinement les capacités de l'oléoduc Adria, assurant ainsi un flux stable et fiable de pétrole brut ».
À ce propos, le commissaire Jørgensen est venu ajouter que les deux pays n’étaient pas sujets à des « risques de pénuries d’approvisionnement immédiats ». (Pauline Denys)