Les ministres européens des Finances devraient s'entretenir, mardi 20 janvier, de la réponse européenne aux nouvelles menaces commerciales proférées par le président américain, Donald Trump, contre les pays européens ayant envoyé des troupes au Groenland, bien que le sujet ne soit pas officiellement à l'agenda de la première réunion du Conseil 'Écofin' sous présidence chypriote (EUROPE 13789/1).
Nous ne pouvons pas exclure que certains ministres fassent « référence » aux tensions transatlantiques renouvelées au petit-déjeuner, a indiqué une source diplomatique européenne lundi 19 janvier.
À deux jours d'un sommet européen extraordinaire convoqué par le président du Conseil européen, António Costa, plusieurs délégations devraient plaider pour la préparation de plusieurs instruments de riposte commerciale (gel de l'accord UE/États-Unis de juillet 2025, droits de douane additionnels, instrument 'anti-coercition'), au cas où Washington concrétiserait ses menaces.
Ukraine. Les ministres feront le point sur l'assistance macrofinancière de l'UE à l'Ukraine, une priorité que la Présidence chypriote du Conseil a reprise à son compte.
Officiellement, le paquet législatif visant à concrétiser le prêt à l'Ukraine doté de 90 milliards d'euros pour 2026 et 2027 (EUROPE 13786/4) n'est pas à l'ordre du jour de la réunion. Après deux premières discussions aux niveaux politique et technique, les ambassadeurs des États membres auprès de l'UE (Coreper) tenteront de faire avancer le dossier, mercredi 21 janvier.
« Ce dossier est un impératif politique. Nous ferons notre possible pour garantir que l'Ukraine reçoive un soutien financier durable et régulier », a souligné cette source européenne.
L'un des enjeux des négociations consistera en l'établissement d'une préférence européenne dans les achats d'armement par l'Ukraine avec le soutien financier de l'UE, à l'instar de l'instrument de prêt 'SAFE'.
Pacte de stabilité. Le Conseil 'Écofin' devrait décider d'ouvrir une procédure pour déficit excessif à l'encontre de la Finlande, sur la base de la recommandation qu'a adressée la Commission européenne en décembre (EUROPE 13772/4).
Conformément au Pacte de stabilité et de croissance révisé, la nouvelle trajectoire de croissance nette des dépenses recommandée pour la Finlande devrait être la suivante : 1,3% en 2026, 1,5% en 2027 et 1,8% en 2028. De cette manière, les autorités finlandaises devraient être en mesure de ramener le déficit public national sous le seuil de 3% du PIB national en 2028.
Voir le projet de recommandation de la Commission : https://aeur.eu/f/jyw
RRF. Sans débat, les ministres devraient approuver la révision des plans de relance post-Covid-19 des six États membres suivants : l'Allemagne, l'Espagne, la Finlande, l'Irlande, les Pays-Bas et la Suède.
Voir les projets de plans révisés et leurs annexes : https://aeur.eu/f/k6v
Semestre européen. Par ailleurs, le Conseil 'Écofin' adoptera des conclusions souscrivant largement à l'analyse de la Commission au sujet de l'évolution déséquilibres macroéconomiques, parmi lesquels les prix élevés des logements ou la dépendance vis-à-vis des financements extérieurs des pays présentant des déficits extérieurs élevés.
Il requerra une analyse approfondie de ces déséquilibres dans sept pays de l'UE : la Grèce, l'Italie, la Hongrie, la Slovaquie, les Pays-Bas, la Roumanie et la Suède.
Voir le projet de conclusions : https://aeur.eu/f/kap
Jordanie. Enfin, les ministres approuveront formellement la cinquième assistance macrofinancière, à hauteur de 500 millions d'euros, qui sera octroyée à la Jordanie pour aider celle-ci à consolider ses finances publiques et à faire face à ses besoins financiers externes (EUROPE 13731/30).
Voir le texte juridique : https://aeur.eu/f/kam (Mathieu Bion)