Alors que la directive européenne sur la transparence salariale, adoptée en 2023, doit être transposée dans les législations nationales d’ici juin 2026, la mise en œuvre du principe d’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale reste encore à la peine au sein de l’Union européenne. C’est l’un des principaux constats du rapport relatif au passage « du principe à la pratique » en matière d’équité salariale, publié mardi 6 janvier par la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound).
Près de sept décennies après l’inscription dans le traité de Rome de 1957 du principe « à travail égal, salaire égal », les écarts subsistent et, en 2023, le salaire horaire brut des femmes dans l’UE restait inférieur de 12,0% à celui des hommes, selon Eurostat.
De même, les disparités entre États membres - le Luxembourg affiche l’écart le plus faible (0,9%) tandis que la Lettonie enregistre le plus élevé (19,0%) - contribuent à démontrer la lenteur des progrès et la présence encore importante de facteurs systémiques, notamment la sous-valorisation des emplois à dominante féminine.
Le rapport d’Eurofound identifie une notion encore mal comprise, à savoir l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale, qui ne concerne pas des postes identiques, mais des emplois différents mobilisant des niveaux comparables de compétences, d’efforts, de responsabilités et de conditions de travail.
À partir de seize études de cas menées dans treize États membres, l’agence analyse les outils de classification et d’évaluation des emplois, les initiatives au niveau des entreprises et le rôle des partenaires sociaux, notamment dans le cadre des conventions collectives sectorielles.
La préparation à l’entrée en vigueur de la directive sur l’ensemble de l'UE reste, à ce stade, inachevée. Et pour cause, en septembre 2025, seuls quelques États membres (l'Allemagne, l'Irlande, le Portugal, l'Espagne, la Suède), ainsi que la Norvège, « ont intégré à la fois des définitions du travail de valeur égale et des outils de transparence salariale dans leurs cadres juridiques nationaux ».
Pour Eurofound, la transposition de la directive est décisive, mais insuffisante. Des outils analytiques, des données fiables ainsi que l’engagement des partenaires sociaux doivent, en ce sens, l’accompagner.
Le rapport : https://aeur.eu/f/k71
La directive sur la transparence des rémunérations : https://aeur.eu/f/izo (Nithya Paquiry)