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Bulletin Quotidien Europe N° 13782
ACTION EXTÉRIEURE / Mercosur

Le feu vert des pays de l'UE à l'accord commercial avec le Mercosur est à portée de main

Alors que le soutien de l’Italie semble désormais assuré, l’accord commercial avec les pays du Mercosur est en passe d’être approuvé, vendredi 9 janvier, par les ambassadeurs des États membres auprès de l’Union européenne (Coreper).

Les Vingt-sept devraient néanmoins revenir sur les seuils de la clause de sauvegarde afin de la renforcer davantage, comme le souhaitait l’Italie (EUROPE 13781/1). Il s’agit ainsi de faire passer les seuils de 8% négociés entre le Conseil de l’UE et le Parlement européen le 17 décembre à 5%, comme le souhaitait ce dernier (EUROPE 13775/9).

Alors que cette modification devrait satisfaire les eurodéputés, certains n’apprécient pas que l’accord puisse entrer en vigueur sans l’aval du Parlement.

C’est le cas de Céline Imart (PPE, française), qui s’est offusquée, sur le réseau social X, du fait que la Présidence chypriote du Conseil de l’UE ait décidé de poursuivre la procédure usuelle sans finalement avoir recours à une déclaration qui suspende l’entrée en vigueur de l’accord commercial tant que le Parlement européen n’a pas voté le texte.

Pour Mme Imart, les autorités chypriotes ne devraient « pas céder aux pressions et laisser la Commission signer l’entrée en vigueur du texte sans le vote des députés élus ».

Au-delà de la procédure, plusieurs eurodéputés se sont exprimés à la veille du vote, comme l’Allemand Peter Liese, porte-parole du groupe PPE pour la politique climatique.

Selon lui, un échec de l'accord UE/Mercosur « enverrait non seulement un signal fatal dans le contexte géopolitique actuel et nuirait à notre économie, déjà confrontée à de graves difficultés, mais, contrairement à l'opinion générale, cela porterait également atteinte à la protection du climat ».

À gauche de l’hémicycle, la présidente du groupe S&D, Iratxe Garcia Pérez, a estimé que l’UE ne pouvait pas hésiter à signer cet accord « à un moment où le monde qui nous entoure devient de plus en plus fragmenté et imprévisible ». Elle s’est également félicitée que le PE soit parvenu à mettre en place « des garanties solides » pour protéger le secteur agricole.

Les 'petits' États membres réfractaires ne feront pas le poids. Le soutien de Rome était primordial pour parvenir à une majorité qualifiée (au moins 15 États membres en faveur, représentant 65% de la population de l'UE) des États membres au Conseil de l'UE, alors que la France, la Pologne et la Hongrie demeurent très critiques.

Même si d’autres pays réticents, comme l’Irlande et l’Autriche, se prononceront contre l'accord, leur vote ne permettra pas de le faire échouer.

Plus tôt dans la journée de jeudi, le vice-premier ministre irlandais, Simon Harris, avait indiqué publiquement que son pays voterait contre l’accord. « Bien que l'UE ait accepté un certain nombre de mesures supplémentaires, elles ne sont pas suffisantes pour satisfaire nos concitoyens », a-t-il déclaré dans un communiqué.

La colère des agriculteurs se poursuit. Le vote des vingt-sept ambassadeurs ce vendredi, qui avait été repoussé fin décembre en raison des réticences de dernière minute de l’Italie, s’inscrit à nouveau dans un contexte de manifestations du monde agricole, qui ne décolère pas.

Lors du Conseil européen du 18 décembre dernier, plusieurs milliers d’agriculteurs avaient bloqué les rues de Bruxelles en opposition à la signature pressentie comme imminente de l’accord de libre-échange (EUROPE 13776/3).

Les récents gestes de la Commission européenne en faveur du secteur, comme le déblocage anticipé de 45 milliards d’euros provenant des fonds de la politique agricole commune (PAC) pour 2028-2034, n’ont pas fait redescendre la pression (EUROPE 13781/4). Il est attendu que les agriculteurs se mobilisent à nouveau dans les capitales européennes, comme c’était déjà le cas jeudi à Paris. (Pauline Denys)

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