Chypre, qui vient d'accéder à la présidence du Conseil de l’UE pour six mois, entend placer la gestion des flux migratoires et la protection des citoyens au cœur de sa stratégie pour « une Union plus autonome ». Elle propose ainsi « une approche ambitieuse et axée sur les résultats » pour mettre pleinement en œuvre la législation sur la migration et mieux préparer les États membres face au crime organisé, au terrorisme et aux menaces hybrides.
Migration. Nicosie fait de la mise en œuvre complète du Pacte sur la migration et l'asile une priorité essentielle, insistant sur la nécessité de s’attaquer « aux causes profondes de la migration ». La Présidence revendique notamment un système de retours plus robuste ainsi qu’une stratégie combinant la solidarité intraeuropéenne et une coopération « plus profonde et significative » avec les pays tiers.
Sécurité intérieure. Chypre déplore que les vulnérabilités de l'UE soient exposées par l’interdépendance des dispositifs de sécurité. Elle juge « impératif d’élargir notre spectre de sécurité et de développer nos capacités de prévention » en renforçant les moyens d’action de l'Union et ainsi répondre de manière « efficace et proactive » aux atteintes à l'architecture de sûreté, notamment les violations de l’espace aérien européen.
La Présidence entend également intensifier la lutte contre les menaces internes, « du crime organisé et transnational au terrorisme et à l’extrémisme violent, y compris dans la sphère numérique », dans le cadre de la stratégie ProtectEU. Elle met en avant le renforcement des capacités répressives, de la coopération transnationale et du cadre réglementaire ainsi que la mise en œuvre de la 'Stratégie européenne pour une Union de la préparation', l'objectif étant aussi que l’UE soit davantage équipée face aux crises géopolitiques ou climatiques.
Résilience démocratique. Enfin, Nicosie se montre soucieuse des « attaques contre la démocratie », déplorant la désinformation, les ingérences étrangères ou encore les pressions sur la liberté des médias. Elle promet de s'investir en la matière avec la Commission et les États membres - notamment avec le paquet législatif 'Renforcement de la démocratie et intégrité des élections' - et à combattre toutes les formes de haine et de discrimination, qu’elle considère comme une composante à part entière de la sécurité intérieure de l'UE. (Justine Manaud)