Réuni à Florence pour deux jours, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi 30 octobre, pour la troisième fois consécutive, de maintenir inchangés ses principaux taux directeurs. Les taux d’intérêt de la facilité de dépôt, des opérations principales de refinancement et de la facilité de prêt marginal sont donc maintenus respectivement à 2,00, 2,15 et 2,40%.
« L’inflation reste proche de notre objectif de 2% à moyen terme, et notre évaluation des perspectives d’inflation est globalement inchangée. L’économie continue de croître malgré un environnement mondial difficile. Le marché du travail solide, les bilans robustes du secteur privé et les baisses de taux décidées par le passé demeurent des sources importantes de résilience », a justifié la présidente de la BCE, Christine Lagarde, précisant par ailleurs que la décision avait été prise à l’unanimité des gouverneurs.
Selon les projections des services de l'institut monétaire de septembre, la hausse générale des prix en zone euro pourrait atteindre 2,1% en 2025, 1,7% en 2026 et 1,9% en 2027. Le taux annuel de l'inflation a été relevé en septembre à 2,2%, contre 2% au mois d'août (EUROPE 13733/23).
Les perspectives futures restent toutefois incertaines, en particulier en raison des différends commerciaux au niveau mondial et des tensions géopolitiques. Mme Lagarde a souligné que le Conseil ne s’était engagé sur aucune trajectoire prédéfinie de ses taux directeurs, évoquant des perspectives d'inflation « plus incertaines qu’à l’accoutumée ».
« L’accord commercial conclu entre l’UE et les États-Unis pendant l’été, le cessez-le-feu annoncé récemment au Moyen-Orient et l’indication, aujourd’hui, d’avancées dans les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine ont atténué certains risques à la baisse pesant sur la croissance économique. Cela étant, l’environnement commercial mondial toujours volatil pourrait perturber les chaînes d’approvisionnement », a estimé la présidente de la BCE.
En outre, le Conseil des gouverneurs est d'avis que la zone euro doit d'urgence renforcer son économie dans le contexte géopolitique actuel. « Il est essentiel de mettre rapidement en œuvre la 'feuille de route' pour la compétitivité de la Commission européenne. Les gouvernements doivent donner la priorité aux réformes structurelles favorisant la croissance et à l’investissement stratégique, tout en assurant la soutenabilité des finances publiques », a déclaré Mme Lagarde.
D'après le dernier bulletin économique de la BCE, la trajectoire de la croissance du PIB en zone euro devrait s'établir à 1,2% en 2025, 1,0% en 2026 et 1,3% en 2027 (voir autre nouvelle).
Le Conseil des gouverneurs de la BCE se réunira mercredi 17 et jeudi 18 décembre à Francfort pour une nouvelle réunion décisionnelle de politique monétaire.
Voir les décisions du 30 octobre 2025 de la BCE : https://aeur.eu/f/j7v (Bernard Denuit)